Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

L'économie théorique

Certains humanistes (pas trop curieux) font une impasse totale sur l'économie pour une (fausse) raison :

L'économie c'est chiant.

Certes prendre son petit déjeuner avec le taux d'inflation ou les cours de la bourse à la radio peut donner aux âmes sensibles l'envie de partir vivre nu de fruits, d'amour et d'eau fraîche sur une île paradisiaque.

Ce projet ensoleillé ne doit pas être pris pour des mauvaises raisons, en tout cas pas à cause de l'économie.

L'économie qu'un gentilhomme averti doit connaitre, ce n'est pas le chiffre d'affaires de la sidérurgie en Moldavie ou les estimations (fausses) de la croissance en Bretagne nord pour la prochaine année.

L'économie du gentilhomme éclairé ce ne sont pas non plus des équations mathématiques délirantes agrégeant tout et son contraire dans des petites boites aux définitions approximatives.

L'économie ce sont une poignée de concepts clairs et compréhensibles, et les relations logiques qu'ils entretiennent les uns aux autres.

Faire l'impasse sur ces quelques connaissances accessibles, c'est se priver d'outils simples pour mieux comprendre son environnement immédiat et pour rendre le monde plus beau.

"Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n'engendrent pas seulement un effet, mais une série d'effets. De ces effets, le premier seul est immédiat; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas; heureux si on les prévoit. Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence: l'un s'en tient à l'effet visible; l'autre tient compte et de l'effet qu'on voit et de ceux qu'il faut prévoir."

Frédéric Bastiat - Ce que l'on voit, ce que l'on ne voit pas

"La société n'est pas pour elle [la mauvaise science économique] un sujet d'observations, mais une matière à expériences, elle n'est pas un corps vivant dont il s'agit d'étudier les organes, mais une matière inerte que le législateur soumet à un arrangement artificiel. Cette école ne suppose pas que le corps social soit assujetti à des lois providentielles; elle prétend lui imposer des lois de son invention.
La République de Platon, l'Utopie de Thomas Morus. l'Oceana de Harrington, le Salente de Fénelon, le régime protecteur, le saint-simonisme, le fouriérisme, l'owenisme et mille autres combinaisons bizarres, quelquefois appliquées, pour le malheur de l'espèce humaine, presque toujours à l'état de rêve, pour servir de pâture aux enfants à cheveux blancs, telles sont quelques unes des manifestations infinies de cette-école."

Frédéric Bastiat - Un économiste à M. Alphonse de Lamartine

un crapaud dans une marre

Des méchants sorciers ont transformé l'économie en vilain crapaud pour être sur de la garder rien que pour eux.

La première potion maléfique que ces créatures de la nuit ont fait ingurgiter à la pauvre économie, c'est des équations mathématiques basées sur des agrégats très approximatifs.

N'importe quel lycéen sain d'esprit ayant croisé l'économie après cette première malédiction range méthodiquement et pour toujours, cette discipline dans la catégorie 'matière à subir pendant encore 6 mois, et à oublier de toute urgence pour toujours'. Or les lycéens deviennent un jour des citoyens qui votent.

La deuxième potion est administrée par les médias ou par les politiques sous la forme d'avalanche de chiffres qui permettent soit de se réjouir, soit de s'attrister sans d'ailleurs très bien savoir pourquoi.

L'économie devient alors une litanie de nombres imprévisibles aussi exaltants que la météo marine et aussi significatifs pour l'avenir que les entrailles de poulet pas frais.

La transformation de la jolie économie en vilain crapaud n'est pas forcement volontaire mais elle rend service à beaucoup de monde:

Certains économistes qui deviennent ainsi des gourous aussi respectés qu'incohérents.

Et les étatistes bien conscients de la chance d'avoir des électeurs révulsés par le crapaud. Ils jouissent ainsi du bonheur de dire tout et son contraire avec un air de matador imbécile, pardon, un air volontaire.

Pourtant avec quelques lectures saines (des économistes de l'école autrichienne au hasard), à la place du vilain crapaud il y aurait une jolie princesse que la population refuserait de voir malmené par les méchants étatistes.

Allez courage. Un gros bisou sur le front du crapaud

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La catallaxie

Sur le plan de la méthodologie, les phénomènes économiques ou sociaux n'ont qu'une origine : des individus qui choisissent subjectivement et qui agissent.

La science économique doit donc se bâtir en partant de cette brique fondamentale : l'individu libre, agissant en suivant des objectifs dont lui seul peut estimer l'importance.

Cela a plusieurs conséquences :

Les agrégats économiques (croissance, PIB, etc..) et les formules qui y sont rattachées sont à manipuler avec précaution : les phénomènes collectifs économiques n'ont pas d'autres origines que les interactions entre individus libres et imprévisibles..

Les mathématiques sont largement inadaptées pour la science économique. La valeur étant subjective et différente pour chaque individu, les lois économiques sont qualitatives et non quantitatives.

Le futur est imprévisible parce qu'il est construit par des individus libres. Une science économique qui tente de faire des prévisions chiffrées est une douce charlatanerie.

Cette sévère cure d'humilité pour les sciences économiques leur laisse pourtant un immense espace de recherche et une importance énorme dans les choix politiques : reconstruire par la logique et par des axiomes irréfutables des propositions permettant d'éclairer l'action humaine et les conséquences des choix

"Toutefois, ce n'est pas ici une dispute sur des questions d'heuristique, mais une controverse portant sur les fondations de la science économique. La méthode mathématique doit être rejetée, et pas seulement en raison de sa stérilité. C'est une méthode entièrement fautive, partant de postulats faux et conduisant à des déductions fallacieuses. Ses syllogismes ne sont pas seulement stériles ; ils détournent l'esprit de l'étude des problèmes réels et déforment les relations entre les divers phénomènes.../...
Ils formulent des équations et tracent des courbes supposées décrire la réalité. En fait ils décrivent seulement un état de choses hypothétique et irréalisable, nullement similaire aux problèmes catallactiques en question. Ils substituent des symboles algébriques aux termes définis en monnaie employés dans le calcul économique, et ils croient que cette procédure rend le raisonnement plus scientifique. Cela impressionne fortement le profane crédule. En fait, ils rendent confus et embrouillé ce qui est traité de façon satisfaisante dans les manuels d'arithmétique commerciale et de comptabilité."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"Je propose que nous appellions cet ordre spontané du marché, une catallaxie .../...
Catallaxie est tiré du verbe grec ancien Katallatein qui signifie non seulement troquer et échanger, mais également admettre dans la communauté et faire un ami d'un ennemi"

Friedrich von Hayek (1899-1992) - Les principes d'un ordre social libéral.

"Il est illusoire de croire qu'il est possible de visualiser des ensembles collectifs. Ils ne sont jamais visibles ; la connaissance qu'on peut en avoir vient de ce que l'on comprend le sens que les hommes agissants attachent à leurs actes.../...Ceux qui prétendent commencer l'étude de l'agir humain en partant d'unités collectives rencontrent un obstacle insurmontable dans le fait qu'au même moment un individu peut appartenir, et en fait — à l'exception de ceux des plus primitives tribus — appartient réellement à diverses entités collectives. Le problème soulevé par la multiplicité d'unités sociales coexistantes et par leurs antagonismes mutuels ne peut être résolu que par l'individualisme méthodologique."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Affiche de Men In Black 2

Ludwig Von Mises et Friedrich Hayek sont un peu les Men In Black de la planète économique. (Le petit chien méchant, c'est Rothbard)

Et ils ont bien du travail. La planète économique est envahie par des extraterrestres conceptuels ou méthodologiques n’ayant rien à faire là.

Il y a d’abord le Mathoïde Courbesque de la galaxie scientiste. Il tente de décrire les phénomènes économiques avec des équations et des courbes de plus en plus complexes. Malheureusement on ne connaît pas de formules pour évaluer la liberté et la subjectivité à l’origine de chaque échange.

Il y a le malheureux Experimentator de l’amas stellaire ‘Biologie’. Cette créature sympathique tente de valider ses hypothèses économiques par des expériences. C’est très courageux mais les êtres humains ne sont pas des bactéries et on ne peut pas mettre côte à côte 22 éprouvettes en testant différents scénarios. Steevy n’est pas représentatif des Français, et Loana ne fait peut être pas l’amour dans une piscine sans caméra..

On trouve aussi le terrible Agregatus deterministoide de la planète Marx dont les méfaits continuent d’alimenter les discours de campagne électorale.

Heureusement, la grosse arme que les MIB tiennent négligemment, c'est l'individualisme méthodologique : la terreur des extraterrestres (Bon.. terreur peut être pas. En tout cas une source d'agacement.)

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral