Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La division du travail

Un avocat a intérêt à payer une secrétaire pour taper son courrier, même s'il est meilleur que sa secrétaire pour utiliser le traitement de texte. Il a intérêt à se spécialiser dans ce qu’il sait le mieux faire pour l’échanger contre des travaux eux-mêmes exécutés par des gens faisant ce qu’ils savent le mieux faire.

Dans cette configuration, la production générale du tandem (avocat, secrétaire) est maximale. Cela vaut pour l’économie entière d’un pays.

Les impôts et taxes quelqu’ils soient peuvent dénaturer l’échange. Un certain nombre de tâches (bricolage) peuvent être exécutées par soi-même sans payer d’impôts ou par l’échange en payant un impôt (embaucher un artisan).
Un comptable qui avait intérêt à faire ce qu’il fait de mieux, compter, préfère travailler moins à la comptabilité pour bricoler lui-même sa plomberie. En effet en employant un plombier il devrait s’acquitter de taxes et impôts qui au final ramènent la productivité du plombier au niveau de celle du comptable.

Le plombier reste lui sans activité puisque le comptable ne l’a pas embauché.

Dans cette configuration, l’économie générale se dégrade puisque le plombier est inactif, et le comptable passe des heures de travail sur des tâches qui ne sont pas son point fort.
(Naturellement, si le comptable souhaite bricoler pour le plaisir, c’est son droit. Cet exemple ne vaut que pour les nombreux bricoleurs du Dimanche ‘forcés’ par souci d’économie.)

Les taxes et impôts sont naturellement indispensables pour faire fonctionner l’Etat, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’ils distordent le coût de certaines activités au détriment d’autres, et réduisent la productivité générale du pays.

"La collaboration de ceux qui sont le plus doués, le plus habiles, le plus industrieux, avec ceux qui le sont moins aboutit au bénéfice des uns et des autres. Les gains tirés de la division du travail sont toujours mutuels."

Ludwig Von Mises

bonhomme en pâte à modeler

La société ce n'est pas de la pâte à modeler pour les gros doigts maladroits socialistes ou conservateurs. La société, c'est des millions de personnes libres qui choisissent et agissent selon leurs échelles de valeur.

Les taxes et les impôts sont utiles lorsqu''il s'agit de financer l'Etat régalien et certains biens ou services collectifs. Ils doivent être aussi neutres que possible.

Mais les dirigistes en tout genre instrumentalisent en permanence la fiscalité pour tenter de modeler leur société idéale.

Comme la société est très complexe, les malheureux sont obligés de créer des niches fiscales, puis des sous-niches, puis d'autres taxes pour corriger des effets collatéraux des premiers.

Ces distorsions répétées, incohérentes pour contourner l'effet cumulé de millions de décisions de personnes libres reviennent mécaniquement dans la figure des apprentis sorciers (et dans la nôtre).

Un nombre d'heures de travail considérable est consacré par les personnes à naviguer ou à optimiser leurs impôts dans ce maquis et et un autre nombre d'heures de travail considérable est consacré par les agents de l'Etat à contrôler et collecter les impôts dans ce maquis.

Heures qui auraient pu être consacrées à la création de biens ou à des loisirs.

De plus, en favorisant trop les activités taxées au profit des activités non taxées, le comptable fait (mal) de la plomberie qui ne l'intéresse pas, tandis que le plombier fait (mal) de la comptabilité qui ne l'intéresse pas.

Et la société s'appauvrit en entier.

Mais c'est pas grave, du moment que les dirigistes ont pu faire joujou avec leur pâte à modeler.

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La privation du droit d'échanger

Un échange libre peut avoir lieu sans aucune intervention de l'Etat entre deux gentilshommes qui se connaissent et se font confiance.

Malheureusement comme nous ne sommes pas tous des gentilshommes (et comme nous sommes trop nombreux pour nous connaître), la présence d'un arbitre pour garantir l'application des contrats et les droits de propriété est indispensable.

L'Etat, lorsqu'il n'est pas corrompu et lorsque sa justice dispose de moyens suffisants, remplit donc ce rôle d'arbitre.

Contrairement à ce que clament les ennemis de la liberté d'échanger des biens et des services, les plus pauvres ne souffrent pas des échanges libres, mais d'abord de leur absence ou de leur limitation.
Des bidonvilles du Brésil aux fermes du Zaïre, les plus pauvres souffrent d'une absence presque totale des droits de propriété et d'une justice garantissant leurs contrats et permettant les échanges.

Les plus pauvres n'ont souvent pas de titres de propriété clairs sur leur logement ou sur les champs qu'ils exploitent, et sont à la merci d'une expulsion brutale. Ils ne peuvent donc ni faire fructifier leur bien, ni investir en le gageant pour emprunter.

Ils ne disposent pas non plus des moyens de faire appel à la justice pour faire respecter des contrats (commerciaux ou salariaux), et sont même souvent à la merci de la corruption de la justice.

Les plus pauvres ne souffrent donc pas de l'échange libre, mais au contraire de son absence.

Ici ou sur d'autres continents, pour aider les pauvres, il ne faut pas s'attaquer aux échanges libres, mais au contraire lutter pour que tous les hommes puissent jouir du droit d'échanger librement.

"Imaginez un pays où personne ne pourrait savoir qui est propriétaire de quoi, où on ne pourrait pas s'assurer facilement d'une adresse, où on ne pourrait forcer personne à payer ses dettes, où on aurait toutes les peines du monde à convertir en argent un bien matériel, où on ne pourrait pas diviser en parts les titres de propriété, où la description des capitaux ne serait pas normalisée de sorte qu'on ne saurait pas les comparer, et où les règles qui régissent la propriété changeraient d'un quartier à l'autre voire d'une rue à l'autre. Vous venez de faire connaissance avec la vie réelle d'un pays en voie de développement ou anciennement communiste.
.../...
En Egypte, la personne qui voudrait acquérir et faire enregistrer une parcelle sur un terrain désertique appartenant à l'Etat devrait en passer par 77 procédures auprès de 31 organismes publics et privés. Cela peut prendre le temps qu'on voudra, entre cinq et quatorze ans. Construire légalement un logement sur un ancien terrain agricole exigerait de six à onze ans à se débattre entre les bureaucraties, peut-être davantage. Cela explique pourquoi ce sont quelque 47 millions d'Egyptiens qui ont choisi de construire leur logement en dehors de la loi. Si, après avoir construit leur maison, les nouveaux habitants décident de devenir des citoyens respectueux de la loi et d'acheter les droits sur ces habitations, ils risquent de les voir démolir, d'avoir à payer une forte amende et d'être jetés pour 10 ans en prison."

Hernando de Soto "Le vrai secret du capitalisme"

un canard

A la fête de l’huma, la pensée marxiste se résume désormais à un slogan : « Le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler.»

Métaphore n’est pas raison, mais une petite remarque aux poules socialistes:

Le seul qui a intérêt à garder les poules dans le poulailler, c'est le fermier. C'est celui qui pique les oeufs des poules, qui les garde captives et qui les égorge selon son bon vouloir.
Il a effectivement tout intérêt à faire peur aux poules pour qu'elles restent dans son grillage.

Ce que le fermier craint ce n'est pas le renard libre, c'est les poules libres…

Quant on sait en plus que le libéralisme protège également les droits de chaque poule libre, et leur permet de s'associer librement pour défendre leur intérêts, on comprend la crainte du fermier constructiviste..

Faudrait pas que ses victimes réalisent qu'elles peuvent se passer de lui.

De toute manière, les libéraux préfèrent les canards. Ils ont un bec rond, et ils flottent.

Le libéralisme, c’est des canards libres qui font coin-coin dans l’étang de leur choix, loin des poulaillers collectivistes.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral