Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La rareté

Comme l'ont très vite remarqué des philosophes grognons : la condition humaine n'a pas que des avantages.

D'abord, on meurt à la fin.

Et en plus on ne peut être qu'à un seul endroit à la fois. Par rapport à toutes les choses que nous voudrions faire, notre temps sur Terre est donc limité, rare.

Ensuite, beaucoup de ressources matérielles, du blé jusqu'au métal en passant par le silicium ou le chocolat sont aussi limitées, rares.

Et comme nous avons envie souvent de sensations (ne pas avoir faim, sentir bon) qui nécessitent à la fois des ressources (rares) et du temps (rare) pour transformer ces ressources, notre bien-être dépend d'objets ou de sensations deux fois rares. Ca fait beaucoup.

Face à ce constat un peu frustrant, une solution est d'inventer une divinité maléfique responsable de cette rareté (le malin, le marché, les bourgeois) et des rituels permettant de l'exorciser.

L'économie libérale propose une autre voie, plus modeste : une auto-organisation des échanges qui permet de gérer la rareté le moins mal possible (et sans bain de sang autant que faire se peut.)

L'économie libérale ne promet donc pas de faire disparaître la rareté, c'est impossible.

L'économie libérale ne promet pas le bonheur général, l'amour, la plénitude ou la fraternité. Il s'agit de catégories très respectables mais qui ne sont pas rares (ni abondantes d'ailleurs) et qui sont en tous cas hors de son périmètre.

L'économie libérale permet modestement d'allouer les ressources matérielles et le temps de travail le moins mal possible compte tenu de la complexité de notre société, tout en respectant les Droits de chaque personne (liberté, sûreté, propriété).

"Dans la doctrine de Marx et de ses disciples, la rareté est une catégorie historique seulement. Elle est la caractéristique de l'histoire primitive de l'humanité, qui sera pour toujours liquidée par l'abolition de la propriété privée. Lorsque l'humanité aura effectué le saut du domaine de la nécessité dans le domaine de la liberté et ainsi atteint « la phase supérieure de la société communiste », il y aura abondance et conséquemment il sera faisable de donner « à chacun selon ses besoins ». Il n'y a dans la vaste marée des écrits marxistes pas la moindre allusion à la possibilité qu'une société communiste dans sa « plus haute phase » se trouve confrontée à une rareté des facteurs naturels de production. Le fait de l'indésirabilité du travail est évaporé par l'assertion que travailler sous le communisme, bien entendu, ne sera plus désormais un désagrément mais un plaisir, « la nécessité primordiale de la vie »"

Ludwig Von Mises - Action Humaine

une vieille piéce de monaie

La corne d'abondance pourrait permettre de résoudre beaucoup de problèmes économiques d'un coup.

Plus de rareté, plus d'économie, plus de problèmes

Malheureusement, personne ne sait ou elle est cachée et sa propriétaire initiale la glorieuse chèvre Amalthée, (elle eut l'immense privilège d'allaiter Zeus bébé) qui broute quelque part dans l'Olympe, n'a pas l'intention de redescendre tout de suite.

De toutes manières, si les textes anciens sont formels sur l'abondance en fruits et en fleurs sortant de cet objet enchanté, ils ne parlent pas de lecteurs mp3 et de m2 en centre ville.

Bref rien pour épater les copains de cours d'école de 14 ans ou 40 ans. Pas trop de regrets à avoir donc.

Une chévre à la montagne
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L'arbitrage

A cause de la rareté, nous allons donc être obligés d'arbitrer, c'est à dire choisir entre différentes options.

Choisir quel bien matériel nous voulons acquérir en priorité.
Acheter un roman de Houellebecq, acheter un roman de Jules Vernes ou ni l'un ni l'autre.

Choisir à quoi utiliser notre temps.
Lire un roman de Houellebecq, lire un roman de Jules Verne ou ne pas lire.

Ces choix sont subjectifs. Chaque personne selon ce qu'elle attend d'un roman, et selon ce qu'elle pense trouver dans ces deux ouvrages, choisira l'un ou l'autre ou ni l'un ni l'autre.

Ces choix sont hasardeux. La personne peut se tromper sur l'attente qu'elle avait réellement de l'ouvrage, ou sans s'être trompée sur son attente, s'être trompée sur la teneur exacte de l'ouvrage.

Ces choix peuvent être conflictuels. Une autre personne peut vouloir lire le même roman alors qu'il ne reste qu'un seul exemplaire dans la librairie.

Ces choix peuvent être difficiles à trancher. L'hésitation peut être forte entre les deux romans ou aucun roman, mais une des trois options finit par l'emporter. Choisir entre différentes options, 'arbitrer' est la conséquence de la rareté.

L'économie libérale permet d'arbitrer en fonction de ses propres goûts, valeurs, besoins et en fonction du prix qui transportent une information sur tous les arbitrages faits en amont par les milliers de personnes ayant contribué à proposer ce bien ou ce service.

"La gradation des moyens est, comme celle des fins, un processus de préférer a à b. C'est préférer et écarter. C'est manifester le jugement que a est désiré plus intensément que ne l'est b. [...] Si quelqu'un m'offre le choix entre trois billets donnant droit à assister aux représentations d'Aïda, de Falstaff et de La Traviata ; et, si je n'en puis prendre qu'un, que je prenne Aïda ; et si je puis en prendre encore un, aussi Falstaff, j'ai fait un choix. Cela signifie : dans des conditions déterminées, je préfère Aïda et Falstaff à La Traviata ; si je ne pouvais choisir que l'un de ces opéras, je préférerais Aïda et je renoncerais à Falstaff. Si j'appelle le fauteuil pour Aïda a, celui pour Falstaff b et celui pour La Traviata c, je puis dire : je préfère a à b et b à c."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Dali - La Madone de Raphaël à la vitesse maximum.

Dali - La Madone de Raphaël à la vitesse maximum.

Pour s'attaquer à l'économie libérale, des collectivistes s'attaquent parfois à l'irrationalité de certains arbitrages individuels:

Les choix individuels sont parfois irrationnels, hasardeux, difficiles, le marché ne peut pas donc fonctionner parfaitement.

Juger de la rationalité d'un choix personnel est assez présomptueux, mais c'est vrai que le marché ne fonctionne pas parfaitement.

Le problème c'est que les choix collectifs sont autant hasardeux, irrationnels et difficiles que les choix individuels, mais en plus ils sont collectifs, c'est-à-dire qu'ils sont souvent moins efficaces et qu'ils ne tiennent pas compte de la liberté, des valeurs ou des goûts différents de chaque personne.

Le choix n'est donc pas entre marché imparfait et décisions collectives étatiques parfaites. Mais entre marché imparfait et décisions étatiques encore plus imparfaites.

Il y a des choix collectifs à faire mais chaque fois que cela est possible, il vaut mieux laisser les personnes choisir elles-mêmes.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral