Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Le juste prix

Le problème du juste prix a beaucoup occupé les théologiens, les philosophes puis les économistes pendant des siècles.

Les prix sont-ils justes ?

Apparemment non..

Dix grammes d’or valent plus qu’un litre d’eau.. alors que manifestement, pour vivre un être humain a davantage besoin d’eau que d’or. C’est absurde.

Une heure de travail pénible en plein soleil est payée parfois moins qu’une heure de travail dans la fraîcheur d’un bureau. Alors que manifestement le travail en plein soleil devrait être mieux payé que le travail à l’ombre.
C’est injuste.

Un système absurde et injuste mérite bien une petite remise à plat après des siècles et des siècles d’hésitations. Il suffit de déterminer la valeur objective des biens et de bâtir une belle organisation fixant les prix de manière scientifique et planifiée. Et pouf, pouf, les prix deviendront rationnels et justes.

Bien avant que ce tour de magie socialiste ne fasse sortir de son chapeau des files d’attente devant des magasins justes, rationnels et vides, des économistes au XIXéme siècle puis au début du XXéme ont compris que le problème de la valeur et des prix avait été mal posé.

"Nous connaissons maintenant la substance de la valeur : c'est le travail. Nous connaissons la mesure de sa quantité : c'est la durée du travail."

Karl Marx

"Les économistes bourgeois, soucieux de masquer la vraie source de l'enrichissement des capitalistes, affirment fréquemment que ce surplus provient de la circulation des marchandises. Affirmation gratuite ! En effet, si l'on fait l'échange de marchandises et d'argent d'égale valeur, c'est-à-dire d'équivalents, aucun des possesseurs de marchandises ne peut tirer de la circulation une valeur plus grande que celle qui est incorporée dans sa marchandise."

Manuel d'économie politique. Académie des sciences de l'U.R.S.S.
Edition de 1955

Des Scientifiques font de la recherche très pointue (Bande dessinée)

Superdupond peut chercher longtemps, il ne trouvera pas le juste prix dans la composition du camembert.

Une première grande famille de pensée (à laquelle appartient Karl Marx, mais pas seulement) considère que la valeur est un attribut objectif incorporé dans le bien. Un camembert a donc en plus de sa forme et de sa couleur, une caractéristique invisible qui apparaît dans son prix : la valeur.

Ainsi pour les biens reproductibles et interchangeables comme un camembert anonyme, cette valeur provient du travail humain qui a été incorporé dedans. Plus il y a de travail, plus la valeur du camembert est importante.

Oui, mais si quelqu’un s’amusait à fabriquer un camembert en versant le lait avec une petite cuillère au lieu d’une louche, le travail incorporé dans ce camembert serait beaucoup plus important... Sans pour autant que le prix de ce camembert ne change le moins du monde.

Pour les biens non reproductibles comme une œuvre d’art, toujours selon cette famille de pensée économique, la valeur provient de sa rareté. Un camembert touché par Marcel Duchamp par exemple, devient un camembert rare, donc très cher.

Oui mais un camembert touché par Jean Dupond, votre voisin de palier, est aussi un camembert rare (Jean Dupond est aussi unique que Marchel Duchamp) et pourtant elle n’a aucune valeur à Sotheby´s.

Ces deux objections, pourtant connues dès la fin du XIXéme siècle, n’empêcheront pas les socialistes de bâtir toute leur organisation économique sur une valeur "objective" des biens, avec le succès phénoménal que l’on connaît.

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La Valeur

Pour les économistes de l’Ecole Autrichienne (entre autres), la valeur d’un objet ou d’un service est subjective.

Le valeur ne dépend donc pas d’une caractéristique intrinsèque de l’objet ou du service ni de la peine nécessaire pour produire cet objet, mais du regard que chaque personne porte sur cet objet ou service.

Le vendeur estime ‘sa’ valeur subjective de l’objet en fonction du temps ou des autres objets ou services auxquels il a du renoncer pour produire cet objet et de son attachement sentimental pour lui.
L’acheteur évalue ‘sa’ valeur subjective de l’objet en fonction du temps ou des autres objets auxquels il va renoncer pour se procurer cet objet ainsi que du bien être que devrait lui procurer cet objet..

Pour que l’échange se fasse, il ne faut donc pas que les valeurs subjectives de l’acheteur ou du vendeur coïncident, au contraire il faut que chacun considère que la valeur subjective qu’il gagne est supérieure à la valeur subjective qu’il perd.

"L'évaluation telle que peut la pratiquer un acteur isolé (Robinson Crusoé ou un état-major socialiste de direction pour la production) ne peut jamais aboutir à dégager quelque chose comme une cotation de valeur. Une évaluation peut seulement ranger les biens par ordre de préférence. Elle ne peut jamais attacher à un bien ce qu'on pourrait appeler une quantité ou une grandeur de valeur. Il serait absurde de parler d'une somme d'évaluations ou de valeurs."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"Mais c'est s'illusionner ou tromper autrui que d'appeler de tels souhaits et jugements arbitraires de valeur, la voix de la vérité objective. Dans l'agir des hommes, rien d'autre ne compte que les désirs des divers individus de parvenir à certaines fins. En ce qui concerne le choix de ces fins, il n'est pas question de vérité, ce qui compte seulement c'est la valeur. Les jugements de valeur sont toujours subjectifs, qu'ils soient formulés par un seul homme ou par un grand nombre d'hommes, par un cancre ou un professeur, ou un homme d'État."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

de la vigne dans le sud de la france

Pour un amateur de bon vin, la valeur d’une gorgée d’un bon vin n’est pas quantitative. Elle ne peut pas s'exprimer sous forme de chiffres. Il s’agit d’un plaisir gustatif, de la tranquillité d’un rituel connu, de la convivialité attachée à la dégustation d’un verre entre amis, de la satisfaction d’un connaisseur. Rien que des bonnes choses directement rattachées à la bouteille, mais qui sont strictement personnelles et subjectives.

Il n'y a donc pas de valeur objective du grand cru lié :

- à l’utilité de la bouteille,
Un amateur de bière n’a aucun goût pour un bordeaux.

- Au temps ou à l’effort du vigneron
Si ce temps est mal employé, si ce vigneron n’a pas de savoir-faire ou les mauvaises méthodes de travail, la bouteille n’aura pas de succès dusse t-il se tuer au travail

- Ni même à une qualité gustative du grand cru.
Un amateur pas éclairé peut acheter une bouteille de grand cru parce qu'un critique américain lui a dit que c’était bon alors que c’est même pas vrai : il sent trop le chêne ce pinard. Ce grand cru lui procurera tout de même du bien-être en lui donnant la sensation (fausse) d’appartenir à un club de connaisseurs.

L’acheteur n’achète pas un grand cru, il achète le bien-être que le grand cru devrait lui procurer.

La valeur n’est pas dans les choses, mais dans le regard que porte chaque personne sur les choses. Il ne peut pas y avoir de juste prix attaché intrinsèquement à une chose, en fonction par exemple de la peine ou des matériaux qu’on a mis dedans, puisque c’est le regard de chaque personne qui donne de la valeur à cet objet, et un accord entre deux personnes à un moment donné qui fixe le prix.

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