Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Le prix plafond 2

Fixer un prix plafond (sur le logement par exemple) sur une ressource rare n'abolit pas la rareté de la ressource. Quoiqu'en disent les hommes politiques, ils n'ont pas un chapeau magique d’où sortent des lapins à volonté permettant de faire baisser le prix de ces derniers.

Pour faire baisser le prix des lapins fixés entre personnes libres, il ne suffit pas de déclamer une formule magique 'Lapin, soit moins rare !-' même avec le vocabulaire ronflant, technique et incompréhensible d'une mesure administrative.

Lorsqu'un bien ou un service est rare, il y a trois manières de le partager :

- La violence, le plus gros tape sur le plus petit et prend le bien rare. (Méthode longtemps utilisée alors même qu'elle fait très mal. Mais c'était avant le libéralisme et la reconnaissance du Droit à la propriété.)

- La queue. Spécialité soviétique ou des HLM : le premier arrivé, premier servi. J'y suis, j'y reste. (enfin "premier arrivé, premier servi" c'est seulement pour les plus faibles ou les plus honnêtes. Les passe-droits, les petites enveloppes ou les coups médiatiques permettent aux plus forts ou aux plus grandes gueules de s'épargner ce genre de désagrément.)

- Les prix. Chacun en fonction de son envie subjective, de ses moyens, de ce qu'il est prêt à échanger et des envies subjectives des autres, accepte ou non de faire la transaction. Lorsque beaucoup de personnes veulent des lapins ou des logements plus grands, d'autres personnes libres changent d'activité pour leur fournir davantage de lapins ou de logements.

Dans une organisation humaine, il n'existe pas de quatrième méthode magique, juste, omnisciente et bonne permettant d'affecter des biens rares.

En fixant un prix plafond, l'Etat n'abolit en aucune façon la rareté du bien visé. Il ne repartit pas non plus les biens selon une quatrième méthode. Il se contente de changer le mode d'attribution du bien en faveur d'une méthode d'attribution en tous points inférieure à celle des prix : la violence ou la queue et ses passe-droits.

Et il empêche le seul processus capable de faire réellement diminuer la rareté de ce bien : faire en sorte que davantage de personnes libres, attirées par l'augmentation du prix, consacrent leur travail, leur intelligence et leur imagination à la production de davantage de lapins euh de biens.

"L’Histoire est un long répertoire de prix-plafonds et de lois contre l’usure.
A de nombreuses reprises des empereurs, des rois, des dictateurs révolutionnaires ont tenté de s’immiscer dans les phénomènes de marché. Des punitions sévères ont été infligées aux réfractaires, négociants et cultivateurs.

Bien des gens ont été victimes de poursuites rigoureuses qui soulevaient l’approbation enthousiaste des foules.

Rien n’y fit, toutes ces entreprises ont échoué. L’explication que les écrits des juristes, des théologiens et des philosophes offraient de cette faillite s’accordait pleinement avec les opinions des dirigeants et des masses. L’homme, disaient-ils, est intrinsèquement égoïste et pécheur, et les autorités étaient malheureusement trop indulgentes en faisant appliquer la loi. Il ne fallait que davantage de fermeté et de ton péremptoire de la part des gens au pouvoir.."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

une guillotine

1793 Les assignats perdent leur valeur. Les sans culottes et les enragés veulent une vraie politique de gauche présocialiste. Ils vont l'avoir.

La convention vote la loi maximale qui fixe les salaires et le prix de certaines denrées.

"Article premier — Les objets que la Convention nationale a jugés de première nécessité, et dont elle a cru devoir fixer le maximum ou le plus haut prix, sont : le pain, la viande, le vin, les grains, farines, légumes, fruits, le beurre, le vinaigre, le cidre, l’eau-de-vie, le charbon, le suif, le bois, l’huile, la soude, le savon, le sel, les viandes et poissons secs, fumés, salés ou marinés, le miel, le sucre, le papier, le chanvre, les laines ouvrées, les cuirs, le fer et l’acier, le cuivre, les draps, la toile, et généralement toutes les étoffes, ainsi que les matières premières qui servent à leur fabrication, les soieries exceptées.

Art. 2 — Parmi les objets ci-dessus énoncés, le « maximum » du prix du bois à brûler, de première qualité ; celui du charbon de bois et du charbon de terre est le même qu’en 1790, plus le vingtième de ce prix…"

Le résultat ne se fait pas attendre. Les magasins sont vides, la crise économique décuple d'intensité, le marché noir explose.
Heureusement, Saint Just, en plus d'être un humaniste réputé est un grand économiste. Si les prix fixés ne marchent pas, c'est à cause des spéculateurs, des riches en tout genre. Les prix fixés ne sont pas appliqués avec assez de rigueur.

Et coup de chance, Saint Just connait la politique économique volontaire et rigoureuse pour réguler le marché et protéger les travailleurs des spéculateurs fous : la guillotine.

«Il n'y a point de prospérité à espérer tant que le dernier ennemi de la liberté respirera. Vous avez à punir non seulement les traitres, mais les indifférents mêmes : vous avez à punir quiconque est passif dans la République et ne fait rien pour elle...». (Saint-Just - 10 octobre 1793)

“... Qu’il soit formé à l’instant une armée révolutionnaire qui parcourt toutes les campagnes ; que chaque rayon de cette armée traîne à sa suite l’instrument fatal des vengeances du peuple, et que tous les accapareurs, les fermiers riches qui se refuseraient de nous fournir des subsistances tombent sous ses coups.” (Chaumette - 4 septembre 1793)

La Terreur peut commencer. Et la violation des prix fixés et autres luttes contre la spéculation seront l'une des principales causes de ce charmant empilement de têtes coupées.

Tweet
Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral