Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Le Steam-Libéralisme

C'est enfin le XIXéme siècle. Les nouvelles technologies (acier, vapeur, électricité, chimie, télégraphe) envahissent le quotidien de Jules Verne et de ses contemporains.

Des start-up, des fonderies du Creusot aux filatures de la banlieue de Londres, bouleversent les modes de travail pour le meilleur et pour le pire. La production explose. Elle permet de nourir et d'habiller de plus en plus de gens qui en profitent pour ne pas mourir. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, une partie non négligeable de la population échappe à la misère noire.
Sur le plan artistique et littéraire, la liberté d’expression devient la norme ou en tout cas l’objectif et les moyens technologiques permettant de diffuser les œuvres se perfectionnent.

Pour les libéraux, le XIXéme siècle est paradoxal. Leurs idées sont incontestablement la locomotive de ce monde nouveau, mais elles sont aussi contrées par deux nouveaux adversaires, le socialisme et le conservatisme bourgeois, et un vieil adversaire, le conservatisme Ancien Régime.
Sur les plans des mœurs, on découvre que la liberté individuelle n’est pas uniquement une source de bonheur, mais aussi d’angoisses. L’apprentissage de la liberté individuelle vient de commencer, elle n’est pas encore terminée.

Les libéraux se retrouvent ainsi coincés entre trois adversaires : les nostalgiques de l’Ancien Régime, les conservateurs bourgeois et les socialistes. Les intérêts de ces trois adversaires sont antagonistes, et ils deviennent tour à tour les alliés de circonstances des libéraux mais ces derniers sont les seuls à promouvoir toutes les facettes des Droits de l’Homme et pas seulement certains types de libertés pour certaines catégories de citoyens au gré des circonstances.

Cette solitude ne leur réussira guère puisqu’à l’entrée du XXéme siècle, ils seront sur la défensive face aux deux rouleaux compresseurs du XXéme siècle : le fascisme et le communisme.

Ce recul des libéraux au début du XXéme, en dehors des millions de morts causées par les deux totalitarismes, aura une autre conséquence. L’histoire étant écrite par les vainqueurs, le XIXéme siècle a été largement documenté et rédigé par des socialistes, souvent talentueux et de bonne foi mais ayant une volonté de construire une légende noire de la liberté économique et du rôle des libéraux au cours de la révolution industrielle.

Le rôle des libéraux notamment en faveur des droits des ouvriers ou leur opposition au colonialisme a été souvent occulté, ce qui a plus tard permis aux communistes de présenter une alternative qui n’en est pas une : les enfants dans les mines ou le socialisme. Euuh ni l’un ni l’autre Camarade. Les Droits de l’Homme et la prospérité, le libéralisme quoi…

"Ce qui nous broie aujourd'hui, c'est une logique historique que nous avons créée de toutes pièces et dont les nœuds finiront par nous étouffer."

Albert Camus

"L'Empire n'était pas fait pour le libéralisme, ni le libéralisme pour l'empire. L'antipathie était réciproque. Les libéraux étaient pour Napoléon les pires idéologues, et se sentaient eux-mêmes dans un milieu tout à fait réfractaire. Ce qui les touchait le plus, la liberté individuelle, l'indépendance de la pensée, le contrôle, la discussion, et pour tout dire la dignité humaine, était précisement ce que Napoléon ne pouvait supporter."

Auguste Nefftzer - Libéralisme - Dictionnaire général de la politique 1873

Zorro sur son cheval

♪ ♫ ♪ Un zibérâaaâl qui surgit hors de la nuit Cours vers l'aventure au galoôop. ♪ ♫ ♪


Réécrire l’Histoire, c’est souvent nécessaire. Difficile de rassembler sa tribu, si l’on jette un coup d’œil aux cuisines pas très appétissantes, aux coups de bol qui ont été à l’origine de sa nation, de sa religion.

L’image d’Epinal du XIXémesiècle, c’est un cauchemar industriel permanent au profit exclusif d’une minorité de gros bourgeois. Heureusement, un gentil Etat Dieu est arrivé pour sauver les pauvres des griffes de la liberté économique.

La réalité est beaucoup plus complexe, les grandes avancées sociales du XIXéme siècle ont souvent pour origine des zorros qui signent d’un L un peu déformé (ils sont plus doués pour l’écriture que pour l’épée), qui veut dire ziberal, euh non libéral.

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Le Steam-Libéralisme : Les bourgeois

A côté des inventions visibles comme les locomotives à vapeur ou le chewing gum, des inventions invisibles vont servir de booster au développement économique : les sociétés par action, et les banques d’affaires. Désormais les entrepreneurs peuvent financer leurs projets sans s’endetter sur leurs propres biens, à condition de partager (beaucoup..) leurs bénéfices avec les actionnaires.

Dans le même temps, on peut mettre ses modestes économies ailleurs que dans un bas de laine. On peut désormais devenir propriétaire d’une toute petite fraction d’un énorme projet (une usine, une ligne de chemin de fer etc..)

Ces mécanismes créés par une législation adéquate vont permettre à des industriels, des banquiers et des marchands de s’enrichir rapidement. Les bourgeois viennent de naître et ils sont contents d’eux-mêmes.

Ils ont de quoi, la France se couvre d’usines sidérurgiques, de bassins houillers, de filatures, et de réseaux de chemin de fer. L’ensemble de la population bénéficie de cette course aux découvertes ainsi qu'aux nouvelles méthodes de production. Elle en paie aussi le prix avec le travail répétitif et le développement d'une misère urbaine plus visible (plus dure ?) que la misère des campagnes.

Certains industriels finissent par se convaincre qu’ils sont des représentants de l’intérêt national et qu’à ce titre, ils peuvent limiter la liberté d’échange, la liberté de s’associer, la liberté d’expression des autres. (C’est un peu une manie chez tous les représentants autoproclamés de l'intérêt général : d’abord limiter la liberté des autres).

Ces industriels, grands bénéficiaires des droits de l’Homme, qui leur ont permis de commercer librement sans entretenir une caste de privilégiés, vont donc se retrouver en porte-à-faux avec les députés ou les penseurs libéraux sur trois points : le protectionnisme, le droit d'association des ouvriers et le colonialisme.

"Les riches, les propriétaires d'établissements déjà en activité, n'ont pas d'intérêt de classe spécial dans le maintien de la libre concurrence. Ils sont contre la confiscation et l'expropriation de leurs fortunes, mais leurs situations acquises les inclinent plutôt en faveur de mesures empêchant des nouveaux venus de mettre en jeu leur position. Les gens qui défendent la libre entreprise et la libre concurrence ne défendent pas les intérêts de ceux qui sont riches aujourd'hui. Ils réclament les mains libres pour les inconnus qui seront les entrepreneurs de demain et dont l'esprit inventif rendra la vie des générations à venir plus agréable.
Ils veulent que la voie reste ouverte à de nouvelles améliorations économiques. Ce sont les avocats du progrès économique."

Ludwig von Mises

Picsou navigant sur marre d'écus

Les puissants existent dans tous les systèmes politiques.

Dans une tribu barbare, c'est le plus violent qui a massacré son prédécesseur.
Dans une monarchie, c'est le petit marquis bien né, dans un régime socialiste, c'est le bureaucrate le plus obéissant ou le plus procédurier.

Dans une société libérale, (c'est-à-dire où les Droits de l’Homme sont respectés, pas encore la société du XIX ème donc), le puissant, c'est le plus efficace pour créer des entreprises ou les faire prospérer. L'efficacité pour créer une entreprise n'est pas forcement un gage de bonté ou de vertu -ni d'ailleurs du contraire- mais qu'elles soient dirigées par des personnes vertueuses ou non, les entreprises créent souvent de la prospérité économique pour toute la société en se mettant au service de leurs clients et en payant leurs salariés.

Le libéralisme est le système où les plus ambitieux socialement sont en général forcés de se mettre au service des autres pour assouvir leur ambition.

Tant qu’à avoir des puissants, autant avoir des riches libéraux.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral