Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Le Steam-Libéralisme : Les syndicats

Pour les libéraux, la meilleure protection pour les salariés, c'est la prospérité économique. La meilleure protection contre un patron abusif, c'est d'avoir le pouvoir de claquer la porte parce que l'on est sûr de retrouver du travail facilement.

Les salariés ont tout de même intérêt à se regrouper pour parer à l’asymétrie du rapport de force. Une personne seule ne dispose pas des compétences juridiques dont dispose une entreprise. De plus, une personne seule a besoin de son salaire tous les mois, tandis qu’une entreprise de 1000 salariés peut se passer d’un salarié du jour au lendemain.

Pour les libéraux, un contrat est la base juridique d’une société libre. Les syndicats permettent de négocier les termes des contrats et d’en contrôler le bon respect. Lorsqu’ils ont ce rôle, les syndicats sont donc souhaitables : davantage de contrats satisfaisants pour les deux parties, davantage de prospérité générale.

Pour beaucoup de socialistes et d’anarchistes, les syndicats sont un bélier politique préparant la grande révolution. Ils vont donc noyauter les coalitions ouvrières parce que les ouvriers, laissés tout seuls, pourraient se détourner de leur destinée grandiose prédite par Marx. Ces hédonistes incultes pourraient se satisfaire d’une bête amélioration de leurs conditions de travail au lieu de tout sacrifier pour une société construite s des plans parfaits.

Les bourgeois conservateurs s’opposeront aux syndicats parce qu’ils préfèrent dicter les termes des contrats et n’avoir personne pour en contrôler le bon respect. C’est sûr qu'à court terme c’est plus sympa de faire des affaires avec un vis-à-vis bâillonné.

Coincé entre la politique répressive des bourgeois conservateurs et l’instrumentalisation socialiste des syndicats, les libéraux seront souvent seuls pour défendre les syndicats, les vrais.

1849 : A l'Assemblée, Frédéric Bastiat, député libéral, soutient un autre député libéral, Morin, sur un amendement autorisant les coalitions ouvrières à condition que celles-ci ne fassent pas usage de la violence. Sans succès.

1864 : Une première loi reconnaissant le droit de grève est adoptée grâce au gouvernement du libéral Emile Ollivier, premier ministre et ministre de la justice.

1876 : Le député libéral Edouard Lockro dépose une loi autorisant les syndicats et les conventions collectives. Mais elle est combattue pendant 8 ans par les socialistes et les bourgeois conservateurs.

1884 : Les syndicats sont autorisés sur proposition du ministre libéral Waldeck-Rousseau.

1906 : Le député libéral Gaston Doumergue dépose un projet de loi autorisant la création de conventions collectives. Cette loi est combattue par la CGT.

" Les salaires de l’ouvrier se règlent contradictoirement par une convention faite entre l’ouvrier et le chef d’industrie : le premier cherche à recevoir le plus, l’autre à donner le moins qu’il est possible, mais dans cette espèce de débat, il y a du côté du maître un avantage indépendant de ceux qu’il tient déjà de la nature de ses fonctions. Le maître et l’ouvrier ont bien également besoin l’un de l’autre, puisque l’un ne peut faire aucun profit sans le secours de l’autre, mais le besoin du maître est moins immédiat, moins pressant. Il en est peu qui ne puissent vivre plusieurs mois, plusieurs années même, sans faire travailler un seul ouvrier, tandis qu’il est peu d’ouvriers qui puissent, sans être réduits aux dernières extrémités, passer plusieurs semaines sans ouvrage. Il est bien difficile que cette différence de position n’influe pas sur le règlement des salaires."

Jean Baptiste Say Économiste Libéral. (1767 - 1832)

"[le syndicat] prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale."

Statuts constitutifs de la CGT

freddy Krueger
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Le Steam-Libéralisme : Le colonialisme

Les socialistes aiment bien l’idée d’utiliser l’Etat pour construire une société meilleure et guider un peuple ignorant. Même si le peuple en question vit en Afrique ou en Asie.

Ca tombe bien, les bourgeois conservateurs veulent faire des affaires en ayant l’exclusivité de zones géographiques et des clients captifs.

Et certains conservateurs aiment bien faire la guerre surtout si ils sont sûrs de gagner.

Le colonialisme c’est que du bonheur pour tout le monde...

Sauf pour beaucoup de libéraux, pour qui il s’agit d’une vaste entreprise étatique et protectionniste, mettant l’armée de la nation au service de quelques intérêts particuliers.

Mais bon, ces libéraux sont tellement vulgaires avec leur liberté d’échanger des marchandises tandis que les colonialistes parlent civilisation, culture, grandeur de la nation et entreprises patriotiques.

Lorsque les indigènes –eux aussi sans doute un peu vulgaires- voudront reprendre leur liberté, plus personne ne se rappellera que beaucoup de libéraux ont eu raison avant tout le monde.

" Les vraies colonies d'un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde. Tout peuple commerçant doit désirer qu'ils soient tous indépendants, pour qu'ils deviennent tous plus industrieux et plus riches; car plus ils sont nombreux et productifs, et plus ils présentent d'occasions et de facilités pour les échanges. Ces peuples alors deviennent pour vous des amis utiles, et qui ne vous obligent pas de leur accorder des monopoles onéreux, ni d'entretenir à grands frais des administrations, une marine et des établissements militaires aux bornes du monde. Un temps viendra où l'on sera honteux de tant de sottises, et où les colonies n'auront plus d'autres défenseurs que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout au dépens des peuples."

Jean Baptiste Say Économiste Libéral. (1767 - 1832)

"Avec le libre-échange et une juridiction assurant la sécurité des contrats, il est à peu près indifférent qu'une terre appartienne à tel ou tel groupe ethnique parlant telle ou telle langue. Aux procédés d'extermination, il faut substituer le croisement et la fusion, enseigner la douceur, l'urbanité, la politesse, apporter la sécurité de cette chose après laquelle, depuis que l'homme est un animal social, il ne cesse de clamer : la justice. Une justice qui est existence d'un cadre permettant l'exercice de la liberté individuelle, de la liberté d'échanger et de produire et des droits de propriété."

Yves Guyot Économiste Libéral (1843 - 1928)

un trou noir

C'est joli un trou noir, mais seulement de loin.
Malheureusement, c'est là que les libéraux Français du XIXéme siècle sont tombés.

Enfin tombés... les socialistes, ayant eu une énorme influence sur l'éducation et la vie universitaire, il y ont traînés en toute bonne conscience.

Oubliés les contributions intellectuelles claires et originales de Frédéric Bastiat, de Tocqueville, de Jean Baptiste Say, de Benjamin Constat, et de tous les participants au journal des économistes.

Oubliés les combats politiques des libéraux contre les cartels et le protectionnisme, contre le colonialisme, le travail des enfants, en faveur des syndicats, des caisses d'épargne.

Oubliés les apports décisifs des libéraux pour la fondation de la IIIéme république sur les ruines des empires d'opérette.

Hé, les libéraux du XIXéme siècle, il est temps de revenir dans notre espace temps, ici ils prétendent que le libéralisme est anglo-saxon et que nous, Français, sommes génétiquement des dirigistes socialisants.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral