Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La banque centrale

Les banques centrales sont un peu le soviet suprême de la monnaie et du crédit dans les pays occidentaux.
Elles disposent de trois instruments principaux pour construire par le haut une monnaie et un crédit dirigés.
1) Elles peuvent fixer le taux directeur. Elles prêtent aux banques avec un taux minimum fixé arbitrairement ou elles acceptent des dépôts avec un taux maximum lui aussi arbitraire.
Cela ne coûte rien : elles impriment à volonté la monnaie qu'elles prêtent aux banques ou les taux intérêt qu'elles versent sur les dépôts.
2) Elles peuvent effectuer des opérations d'open market. Cela signifie qu'elles achètent avec de la monnaie créée ex-nihilo des obligations auprès des grandes banques, en particulier des obligations d'Etat, mais aussi tout et n'importe quoi en cas de crise (actifs toxiques, actifs non-identifiés, actifs non-identifiés mais toxiques, actifs pas actifs du tout etc..).
3) Elles ont le rôle décisif de prêteur en dernier ressort, c'est-à-dire de venir en aide aux banques qui auraient du faire faillite dans un marché libre.
Et elles ont bien sûr leur rôle le plus connu : un monopole pour l'émission des billets et des pièces de monnaie.

"En résumé, la capacité des banques à créer de la monnaie ex-nihilo génère des fortunes que le banquier peut facilement s'approprier, du moment que ses clients lui gardent leur confiance. Cette génération de fortunes se fait au détriment d'autres acteurs qui supportent individuellement une partie des dommages causés par l'activité du banquier."

Huerta de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycles

"Avec les opposants à l'étalon-or, [les pro-réserves fractionnaires] partagent la conviction que la monnaie est optimale avec une flexibilité selon son périmètre ou la demande. Il n'y a pas plus grave erreur en théorie monétaire. Aucune problématique n'est plus fondamentale. La quantité de monnaie n'est pas corrélée aux bénéfices que l'on peut en tirer à long terme, comme à court terme. Il n'est ni nécessaire, ni utile de l'ajuster selon les changements de son utilisation. Il n'y en a pas besoin parce que cet ajustement peut être atteint par des changements de prix et en particulier de salaires."

J.G. Hulsmann - Free banking and the free banker

ecrito CCCP

Pour régler le problème des réserves fractionnaires, il y a trois solutions :

Une bonne : interdire les réserves fractionnaires. Les dépôts sont des vrais dépôts c'est-à-dire qu'ils sont déposés dans un coffre. Ils continuent d'appartenir au déposant et ne sortent pas de la banque.

Une intermédiaire : les banques sont laissées libres d'avoir des réserves fractionnaires, mais elles n'ont aucun filet de sécurité de la part des Etats. Sous la pression de leurs concurrentes et des clients ne voulant pas perdre leurs dépôts, elles sont sévèrement limitées dans leur expansion frauduleuse.

Et loin derrière, une très mauvaise : les banques sont autorisées, voire encouragées à utiliser les dépôts de leur client. Pour éviter des faillites en chaîne, l'Etat -ou une institution para-étatique la banque centrale- couvre les banques pris au piège de leur propre expansion. Cette couverture les incite à prendre encore plus de risques.

Entre les trois solutions, les Etats et les banques ont choisi pour nous celle qui les arrange le plus : la très mauvaise.

Et l'on a vu récemment encore, les chefs d'Etats garantir par des déclarations insistantes les dépôts des clients pour éviter la panique.

Des chefs d'Etat qui garantissent vos engagements parce que vous avez pris trop de risques par ailleurs... C'est pas beau le métier de banquier ? Le petit entrepreneur de PME lorsqu'il prend des engagements, il doit les assumer sous peine de procès ou de faillite.
Pour les libéraux de l'école autrichienne, l'Etat n'a pas à aider des entreprises privées. Les profits comme les pertes doivent rester privées. Et si un secteur privé est structurellement dépendant de l'intervention régulière de l'Etat, la structure est sérieusement défectueuse.

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La banque centrale 2

La banque centrale, cette usine à gaz improbable, fixe donc le prix des taux, diffuse à gros bouillon de la fausse monnaie, octroie à certaines entreprises le privilège exorbitant de créer du faux crédit et puis les protège sans limite lorsqu'elles sont incapables de faire face à leurs engagements.

Ceci n'a rien à voir de près ou de loin avec le libéralisme, le marché libre ou la morale.

C'est du pur interventionnisme étatique matiné de scientisme hasardeux. Et ce sont eux qui ont une influence déterminante sur la monnaie et le crédit... Aaah je veux descendre...

"Au début du 20 ème, la plupart des entreprises et des industries étaient financées par leur propre revenus tandis que les banques et autres intermédiaires financiers ne jouaient qu'un rôle secondaire. Aujourd'hui le paysage a été complètement inversé et la raison fondamentale de ce changement, c'est la monnaie fiduciaire. La monnaie fiduciaire a causé une augmentation sans précédent de la dette à tous les niveaux : gouvernement, entreprises et individus."

J.G. Hulsmann - Epilogue de "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?"

photo de la banque d'Angleterre

A l'opposé de la sage banque d'Amsterdam, la banque d'Angleterre est fondée en 1694 avec pour objectifs quasiment explicites de voler le peuple. Objectifs remplis au-delà de toute espérance.

A la fin du 17 ème siècle, le roi William règne sur une Angleterre exsangue à cause de la guerre civile. Il n'y a plus du tout d'argent dans les coffres et lever de nouveaux impôts relancerait de plus belle la guerre civile.

En 1692, William Paterson -un banquier privé- intervient avec une idée originale et qui marche à tous les coups : créer de la monnaie ex-nihilo pour financer la dette. En échange de privilèges de l'Etat il formera avec ses associés une banque qui imprimera des billets à volonté pour acheter la dette. Cela ne s'appelle pas encore une banque centrale, mais cela y ressemble beaucoup. Le roi trouve l'idée tellement géniale qu'en plus de donner les privilèges à Paterson, il deviendra personnellement actionnaire de la banque.

Elle commence très fort. En juillet, elle émet 760 000 £ de billets avec seulement 36 000 £ dans ses coffres. L'inflation explose et en 1697, c'est le premier" bank run". La faillite est inévitable. Heureusement le gouvernement intervient, autorise la banque à suspendre ses paiements tout en forçant ses créditeurs à lui rembourser l'argent. Le début d'une belle tradition qui se poursuivra tout au long du siècle.

La banque d'Angleterre cumulera au fil des décennies de plus en plus de privilèges, devenant ainsi le précurseur et le mauvais exemple de toutes les futures banques centrales.

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