Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La banque centrale 3

Dans une économie libérale, un puissant garde-fou empêche les industriels de faire de grosses bêtises : la faillite.

Si les dirigeants d'une entreprise prennent trop de risques, leur entreprise a de bonnes chances de faire faillite.

Et même si elle ne fait pas faillite, la fuite préventive des clients de l'entreprise suffit à rendre sages les dirigeants les plus cupides.

Avec son rôle de prêteur en dernier ressort, la banque centrale débranche pour les banques ce régulateur ultrapuissant.

Elles peuvent prendre désormais des risques importants, les petits épargnants ne vérifient pas les investissements de leur banque et les dirigeants sont surtout préoccupés des bénéfices maximum. En effet, tout le monde sait qu'en cas d'investissements trop risqués, la banque centrale interviendra pour sauver la grande banque.

Si les banques pouvaient faire faillite comme toutes les autres entreprises, les petits épargnants vérifieraient à deux fois avant de confier leur dépôt à ces banques... et leurs dirigeants vérifieraient à deux fois avant d'acheter des actifs toxiques qu'ils sont incapables d'évaluer.

La régulation libérale -la faillite- est un garde-fou qui nous protège largement des voitures dangeureuses, des avions mal conçus, des yaourts empoisonnés...malheureusement elle ne nous protège plus des banques folles. La banque centrale veille à ce que les banquiers incompétents soient indéboulonnables (et riches).

Au lieu de verser des larmes de crocodiles sur la finance sauvage et de rouler des mécaniques sur les futures réglementations, les étatistes feraient mieux de rebrancher ce qu'ils ont sciemment débranché pour les banques : la régulation libérale.

"En fait, comme nous l'avons vu, les banques ont désespérément souhaité une banque centrale, non pour placer des limites à leur propre désir d'expansion, mais au contraire, pour leur permettre de se développer et augmenter la masse monétaire sans risquer les pénalités d'une économie de marché. Comme prêteur en dernier ressort, la banque centrale pourrait leur permettre de se développer quand elles auraient du contracter des prêts pour se sauvegarder. En résumé, la vraie raison de la création de la Réserve féderale, et sa promotion par les grandes banques, est l'exact opposé de ses objectifs lourdement trompetés. Plutôt que créer une institution pour réduire leurs propres profits dans l'intérêt général, les banques ont créé une banque centrale pour multiplier leur profits en leur permettant de se développer beaucoup plus loin que les limites fixées par une compétition dans un marché libre."

Murray Rothbard - The case against the fed

blason écossé

Les Ecossais, pourtant gros pourvoyeurs de mauvaises idées monétaires (Patterson comme John Law étaient écossais) n'ont pas suivi le chemin de la perfide albion.
L'Ecosse -nation très industrialisée au 18ème et 19ème siècles- a bénéficié d'une macroéconomie remarquable sans politique monétaire, sans banque centrale et sans aucune réglementation bancaire. N'importe qui pouvait devenir banquier et émettre des billets.
Les clients pouvaient donc choisir les émetteurs de billets, et -incroyable- ils choisissaient les plus dignes de confiance.
Le résultat c'est que dans les territoires anglais en contact avec l'Ecosse, ce sont les billets écossais libres qui s'imposaient sur les billets anglais régulés par la banque centrale.
Aie, un peuple ingrat qui préfère des billets de banque privée plutôt que les billets service public anglais ! Il devenait urgent d'interdire les billets écossais sur le territoire anglais.
A l'approche de cette loi, les citoyens anglais signent une pétition en 1826 contre l'interdiction des billets Ecossais. Le texte est sans appel :
"[Nous n'avons jamais subi aucune perte -à une exception près- avec des billets écossais sur les 50 dernières années,] tandis que durant la même période les faillites des banques anglaises ont été nombreuses et ont occasionné des pertes ruineuses pour ceux qui ne pouvaient pas les supporter."
Stupéfiant : la liberté et le laisser-faire rendent le système bancaire plus stable, plus rassurant et plus satisfaisant que les monopoles, les privilèges et la réglementation étatique.

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La banque centrale 4

Les Etats et les grandes banques ont donc un intérêt commun : institutionnaliser la réserve fractionnaire.

Les Etats parce qu'ils ont toujours besoin de plus de crédit.

Les grandes banques, parce que prêter l'argent qui ne leur appartient pas est très lucratif.
On retrouve donc souvent à l'origine des banques centrales des banquiers ambitieux voulant éliminer la concurrence de nouvelles banques et profiter d'une protection sans limite de l'Etat.

Les crises structurelles dues aux réserves fractionnaires ont souvent été habilement utilisées non pour interdire ces dernières, mais pour justifier l'existence d'une banque centrale assurant la stabilité du système.

Ces banquiers ont pour alliés objectifs les étatistes pour qui un Etat chargé de réguler et d'organiser le marché est parfaitement cohérent avec leur idéal planificateur et dirigiste.

La production de monnaie et le marché du crédit sont un cas d'école de la collusion -entre intérêts privés et Etat- qui pend au nez des interventionnistes de tout poils.

"En fait, comme nous l'avons vu, les banques désirent désespérément une banque centrale, non pour placer des limites à leur tendance naturelle à l'inflation, mais au contraire pour leur permettre de se développer sans subir les contraintes d'un marché libre. Comme prêteur en dernier ressort, les banques centrales leur permettaient et les encourageaient à s'étendre.."

Murray Rothbard - The case against the fed

"Un banquier commence avec 25 000 $. Il émet donc pour 250 000$ de crédit. Il apporte ces certificats de crédit à la Federal Reserve Bank pour un rachat. Il en tire environ 245 000 $ (la différence est le prix à payer pour un rachat). Il peut utiliser ce montant comme réserve pour de nouveaux prêts. Il peut ainsi étendre son crédit 10 fois, c'est à dire 2 450 000 $. Oui, il récupère 6% d'intérêt, soit 147 000$, annuellement. Avec un capital de 25 000$."

Michel Virgil - The social problem

fish and chips peu ragoûtant

On dit beaucoup de mal de la tradition culinaire britannique. Ce n'est pourtant rien à côté de leur tradition monétaire.

En matière de grosses bêtises institutionnelles bancaires, ce sont donc les Anglais qui ont tiré les premiers. Cela a aussi donné lieu à des polémiques d'une grande violence dans l'arène politique au XIX ème siècle.

Entre 1750 et 1850, l'Angleterre est victime de plusieurs phénomènes troublants : il y a des booms rapides suivis de récessions violentes, une forte inflation et une hémorragie de l'or vers le continent.

Deux écoles vont s'affronter par pamphlets interposés, invectives à la chambres des communes et luttes d'influence auprès du pouvoir : les gentils, la currency school et les méchants, la banking school.

Les gentils, la currency school donc, affirment que tous ces phénomènes bizarres ont une origine : des billets émis sans réserve en or par les banques britanniques.

Les méchants, la banking school, affirment au contraire que la réserve fractionnaire n'augmente pas la masse monétaire, que la hausse des prix est due uniquement aux guerres. La production de monnaie doit s'adapter aux variations de la population.

La polémique est quasi permanente pendant plusieurs dizaines d'années... Certains arguments volent assez bas, d'autres enrichissent considérablement les réflexions sur la monnaie et la banque.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral