Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La banque centrale 5

Les gros intérêts privés n'ont aucun goût pour le marché libre. Ils ont une position dominante qu'ils veulent conserver et que le libre choix des personnes libres menace à chaque instant.
Ils cherchent donc à obtenir des protections règlementaires pour freiner ou interdire l'arrivée de concurrents menaçant leur rente de situation.

Les étatistes sont les idiots utiles ou les complices cyniques de ces oligarchies en baptisant ces privilèges indus : "réguler le marché sauvage", "protéger le savoir -faire national", "s'opposer au laisser-faire", "défendre l'intérêt général".

Pour la monnaie comme pour le reste, le meilleur moyen de défendre l'intérêt général, ce n'est pas d'octroyer des privilèges aux oligarchies en place, mais de rédiger des lois garantissant les droits fondamentaux des personnes libres -liberté, sécurité, propriété- et de créer des tribunaux pour les faire respecter.

Des dizaines, des centaines de millions de personnes libres faisant valoir leur bon droit, c'est un rouleau compresseur contre les oligarchies, les rentes de situation ou les "superprofits" infiniment plus puissant et plus durable que toutes les envolées lyriques anti-capitalistes des révolutionnaires en peau de lapin.

Mais bon, c'est vrai, cela prive les étatistes du plaisir de contrôler la société et de prétendre agir pour l'intérêt général. On ne peut pas tout avoir...

"Cela n'était pas suffisant, qu'une nouvelle alliance étatiste soit formée entre les grosses entreprises et [des grands] intellectuels, ils devaient se mettre d'accord, proposer et défendre une ligne idéologique commune, une ligne qui persuaderait la majorité du public d'adopter ce nouveau programme et même de le souhaiter avec ferveur.
Cette ligne fut brillamment victorieuse et mensongère : les nouvelles mesures progressistes et les régulations seront nécessaires pour sauver l'intérêt public de la sinistre exploitation des grands monopoles privés .../..[Mais] si cette politique était conçue pour mater et domestiquer les grosses entreprises rapaces, comme se fait-il que tant de responsables de ces grandes sociétés, tant de partenaires de Morgan, de Rockfeller, de Harrimans, ont mis une telle énergie à les promouvoir ?"

Murray Rothbard - The case against the Fed

jelly à la menthe

Le premier round "Currency school vs Banking school" débute en 1800 à l'initiative de Walter Boyd,un banquier ruiné rendant responsable la banque d'Angleterre de son échec. Il écrit un méchant pamphlet contre cette dernière "Une lettre pour William Pitt" où il l'accuse d'être responsable de l'inflation et de la dévaluation du Pound en inondant le pays avec des billets de banque.

L'un des grands profiteurs de l'inflation de la banque d'Angleterre est le banquier Francis Baring fondateur de la banque Baring Brothers (qui fera d'ailleurs une faillite retentissante 200 ans plus tard). Baring prend donc sa plume pour répondre à Boyd.
Il affirme que l'inflation de billets ne cause pas l'augmentation des prix et qu'il ne faut y voir que les malheureuses conséquences des guerres.

Les rounds suivant seront aussi violents avec des poids lourds de la pensée économique prenant parti pour un camp ou pour l'autre. Cela se terminera en 1844 avec le Peel act et une fausse victoire de la currency school (les gentils donc).

C'est une pseudo victoire car les partisans de la currency school ont fait deux erreurs majeures.

La première, stratégique, est qu'ils ont institué comme gardien de la vertu monétaire la banque d'Angleterre. Protéger une monnaie saine par un monopole étatique, c'était nommer le loup berger de l'étable. Les partisans de la banking school, bons lobbyistes, n'ont pas tardé à détourner complètement l'esprit de l'institution. L'émission de billets sans couverture, les réserves fractionnaires et les cycles ont continué de plus belle…

L'autre erreur de la currency school, théorique celle-là, est de ne s'être occupée que de l'inflation des billets, pas de l'inflation des dépôts. Le Peel's act n'a donc absolument pas empêché la réserve fractionnaire de s'amplifier sur les dépôts et la monnaie scripturale.

Malheureusement, contrairement à la cuisine anglaise, la politique monétaire english s'est répandue à travers le monde : banque centrale monopolistique, réserve fractionnaire légalisée.. A côté de ça, le fish and chips et la jelly à la menthe ont l'air appétissants.

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La banque centrale 6

La banque centrale, c'est donc une noble institution, symbole du libéralisme, avec des belles bâtisses à colonnes en marbre et des décideurs compétents aux cheveux blancs mettant en œuvre la politique monétaire dans l'intérêt général. Rien n'est vrai dans cette phrase. D'abord la banque centrale n'est pas noble. C'est l'une des plus grosses associations de faux-monnayeurs de l'histoire de l'humanité. Ensuite, les banques centrales n'ont pas de colonnes en marbre, mais plutôt des immenses immeubles avec des vitres fumées. Il faut beaucoup de place pour loger des dizaines de milliers de bureaucrates planifiant la monnaie et le crédit. Elle ne symbolise absolument pas le capitalisme et encore moins le libéralisme. Le libéralisme c'est :

"La Fed et les banques ne sont pas une solution au problème de l'inflation. Elles sont le problème. L'économie américaine a souffert d'une inflation chronique, ainsi que de bulles et récessions destructives parce que l'inflation a été inévitablement générée par la fed elle-même.
Ce rôle, en réalité, est l'objectif même de son existence : cartelliser les banques commerciales privées, et les aider à augmenter la masse monétaire et le crédit, injecter des réserves dans les banques, et les secourir lorsqu'elles sont en faillite."

Murray Rothbard - The case against the fed

"Comment une institution monstrueuse comme la banque centrale a pu apparaître et s'imposer dans le monde moderne ? Sans surprise, cette institution est apparue comme une escroquerie menée conjointement par un gouvernement au bord de la faillite et une clique de financiers corrumpus en Angleterre, à la fin de 17 ème siècle."

Murray Rothbard - Mystery of Banking

"La banque centrale, loin d'être issue un processus de coopération sociale spontanée, a émergé comme une conséquence inévitable de la réserve fractionnaire des banques privées. Dans le contexte de la réserve fractionnaire, ce sont les banques privées elles-mêmes qui ont voulu un prêteur en dernier ressort pour les protéger lors des crises économiques cycliques et des récessions qu'un tel système provoque."

Huerta de Soto - "Money, Bank Credit and Economic Cycles"

mulder et scully xfiles

La création de la banque fédérale américaine, ça ressemble un peu aux X-Files (sans Mulder ni Scully).
Dans un pays très attaché au fédéralisme comme les USA, la bataille pour imposer la monnaie fiduciaire et la banque centrale a été longue et malheureusement victorieuse en 1913.

La première tentative a lieu en 1791 par Robert Morris, un marchand d'armes trèèès influent de Philadelphie. Il obtient du congrès -pour sa banque privée- le privilège d'émission de billets sur tout le pays.
Sa banque s'effondre tout de même, mais cette initiative marque le début de l'affrontement entre les partisans d'une monnaie saine (Jefferson et le parti démocrate Jacksonian) et les nationalistes protectionnistes hamiltoniens partisans de la monnaie fiduciaire et d'une banque centrale.

Au gré des alternances politiques, les partis au pouvoir feront ou déferont la banque centrale (1830 abolition par Andrew Jackson, 1860 rétablissement par les républicains pour financer la guerre civile, 1879 démantèlement partiel par les démocrates)

A la fin du XIX ème siècle et au début du XXème, l'offensive en faveur de la banque centrale est menée par deux dynasties d'industriels devenus banquiers : les Morgan et les Rockfeller.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral