Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Le capitalisme

Il n'aura peut être pas échappé aux lecteurs linguistes distingués que le mot capital et le mot capitalisme ont des airs de famille. Cette observation est justifiée : capital et capitalisme ont bien un air de famille (quelle lucidité chez mes lecteurs, vais-je être à la hauteur ?). Les mêmes lecteurs auront sans doute remarqué qu'aucune syllabe de capital ne se trouve dans libéralisme. Mais alors pourquoi associe t-on les deux mots aussi souvent ? Quels sont les liens du capitalisme et du libéralisme ? En fait, autant la définition du libéralisme est claire et reconnue unanimement (en Europe en tout cas), autant le mot capitalisme recouvre des sens assez différents (entre libéraux et adversaires du libéralisme, mais aussi entre libéraux). Certains auteurs libéraux américains (Ayn Rand, Friedman) ont en effet utilisé le terme capitalisme en reprenant la définition du libéralisme. Le mot libéral ayant été littéralement vidé de son sens outre-atlantique jusqu'à devenir un synonyme de social-démocratie, voire de socialisme, ces libéraux américains se sont rabattus sur le terme capitalisme... Cette source inutile de confusion n'est pas le meilleur des idées politiques made in USA. Une définition plus rigoureuse du capitalisme, c'est : cadre institutionnel permettant l'accumulation de capital. Dans ces conditions on peut distinguer :

Dans ce cadre, les libéraux défendent le capitalisme libéral (incroyable), et s'opposent au capitalisme de connivence comme au capitalisme d'Etat, enfants honteux ou légitimes de l'étatisme.

"Cependant, le travail à lui seul produit fort peu, s'il n'est aidé par l'emploi de ce qui a été réalisé auparavant, au moyen d'épargne et de capital accumulé. Les produits sont le fruit d'une coopération entre le travail et l'outillage ainsi que d'autres biens de production, coopération dirigée selon le plan à longue portée de l'entrepreneur. Les épargnants, dont les économies ont constitué et maintiennent le capital, et les entrepreneurs, qui drainent ce capital vers les emplois où il sert le mieux les consommateurs, ne sont pas moins indispensables au processus de production, que les travailleurs de force.

Il est dénué de sens d'imputer tout le produit aux apporteurs de travail, et de passer sous silence la contribution des apporteurs de capitaux et d'idées d'entreprise. Ce qui produit des objets utiles, ce n'est pas l'effort physique comme tel, mais l'effort physique correctement guidé par l'esprit humain vers un but défini. Plus grand (à mesure du progrès du bien-être général) devient le rôle des capitaux investis, plus devient efficace leur utilisation dans la combinaison des facteurs de production, et plus devient absurde la glorification romantique de la simple exécution routinière de travaux manuels.

Ludwig Von Mises - Action Humaine

portrait de Karl Marx façon psychédélique

Les reprises sont-elles meilleures que les morceaux originaux ? Si meilleur veut dire bonne place dans les hits parades, alors DJ Marx est l'exemple à suivre. Au XIXème siècle, ce barbu branché cartonne à donf avec son album "Das Kapital" megamix de Hegel et Ricardo.

1867. On s'emmerde un peu sur les dancefloors étatistes Britanniques.

On se repasse en boucle les morceaux d'un vieux crooner Ricardo qui a inventé le concept de valeur-travail, on se trémousse sans trop y croire sur les singles de John Gray (1799-1883) et William Thompson (1775-1833), socialistes ricardiens qui chantent tristement le vol des travailleurs par les capitalistes.

C'est beau, mais c'est un peu chiant.
DJ Marx va réveiller la scène londonienne avec des samples de génie.
Il récupère la valeur-travail et l'idée des profits illégitimes capitalistes, rajoute une boite à rythme boumboum sur la lutte des classes et les lois de l'histoire.
Et ça marche du tonnerre. "Das Kapital" va rester en haut des charts des intellectuels pendant plus d'un siècle ! Trop délire !

Ce succès planétaire fera oublier les caprices de star de DJ Marx. Ce dernier ne reconnaitra jamais avoir sampler des morceaux des socialistes ricardiens.
Et lorsque la scène parisienne (Jean Batiste Say, Frédéric Bastiat) sortira des morceaux enterrant totalement le concept de valeur-travail, DJ Marx prétendra ne jamais avoir écouté ces albums, mais arrêtera pourtant de mixer.. Sans doute découragé par le génie de la french touch.

Cette lucité (discrète) sur sa propre œuvre ne sera jamais partagée par les danseurs intellos qui s'agiront frénétiquement devant les basses dialectiques jusqu'au petit matin de 1989 (et même après).

La rave marxiste aura fait plus de 80 millions de morts et la zique n’était même pas bonne ! Mort de rire !

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L'épargne

Sans nouveau capital, aucune raison pour que la productivité augmente.
Même les révolutions technologiques ont besoin de se matérialiser sous forme d'un nouvel outil de travail. Une idée de silex n'est rien si l’on ne dispose pas de l'épargne pour fabriquer ce silex.

L'épargne est donc la première étape indispensable pour créer (ou entretenir) du capital.

Que vous soyez sur une île déserte, dans la savane préhistorique ou dans une ville du XXIème siècle, le principe est le même : si à la fin de chaque journée vous consommez l'intégralité du fruit de votre travail, vous vivez au jour le jour sans disposer de réserves vous permettant de survivre pendant la période où vous fabriquerez un nouvel outil de travail.

Sauf à vivre nus dans des cavernes humides, rien ne peut se faire sans d'abord renoncer à consommer l'intégralité du fruit de son travail, rien ne peut se faire sans d'abord épargner.

"Nous sommes les heureux héritiers de nos pères et ancêtres, dont l'épargne a accumulé les capitaux matériels à l'aide desquels nous travaillons aujourd'hui. Enfants choyés de l'âge de l'électricité, nous profitons encore de l'épargne primitive des pêcheurs des premiers temps qui, en fabriquant les premiers des filets et des barques, consacrèrent une partie de leur temps de travail à faire des provisions pour plus tard. Si les enfants de ces pêcheurs légendaires avaient employé et usé ces produits intermédiaires — filets et canots — sans les remplacer par des nouveaux, ils auraient consommé le capital, et le processus d'épargne et accumulation de capital aurait dû reprendre à zéro. Nous sommes en meilleure situation que les générations précédentes, parce que nous sommes équipés de biens de production qu'elles ont accumulés pour nous."

Ludwing Von Mises - Action Humaine

"Au point de départ de tout progrès vers une existence plus fournie en satisfactions, il y a l'épargne : la constitution de réserves de produits, qui rend possible d'allonger la durée moyenne séparant le début du processus de production, et le moment où il fournit un produit prêt à l'emploi et à la consommation."

Ludwing Von Mises - Action Humaine

"Il est évident que, pour toute formation de capital, il doit y avoir de l'épargne -une restriction de la jouissance de biens de consommation dans le présent- et l'investissement d'un équivalent de ces ressources dans la production de biens de capitaux."

Murray Rothbard - Man, Economy and State

tirelire sous un marteau

Dans nos sociétés modernes, nous ne percevons pas au jour le jour les gains issus de l'épargne.

Plusieurs phénomènes contribuent à cette perception erronée.
D'abord le capital accumulé au fil des siècles est déjà tellement important que même sans épargner, nous pouvons vivre dans un confort certain pendant de longues décennies, en dilapidant l'héritage.

Ensuite avec la division du travail, ceux qui épargnent ne sont pas les mêmes que ceux qui utilisent l'épargne pour entretenir ou créer des biens de capitaux. Pourtant le rôle de l'épargne reste strictement identique à l'économie d'il y a 10 000 ans. En épargnant, c'est-à-dire en travaillant sans pour autant tout consommer immédiatement, nous entretenons quelqu'un - un chercheur, un ingénieur, un ouvrier- qui travaille sans produire quelque chose de consommable immédiatement, une machine outil, une usine, un nouvel appareil révolutionnaire ou un futur produit.

Enfin la monnaie -surtout manipulée comme aujourd'hui- masque aussi la réalité de l'investissement. Des savants fous ont expliqué qu'en imprimant de la monnaie, on n'avait plus besoin d'épargner pour investir. C'est magique, il suffit de sortir la planche à billets et hop de l'épargne et du capital sortent d'un chapeau magique.

Le capital déjà accumulé, la division du travail, la monnaie manipulée rendent plus difficile la perception de l'importance de l'épargne et de l'investissement.

Mhh une perception plus complexe, c'est du pain béni pour quelques macro-économistes drapés dans des indicateurs ultra-agrégés déconnectés de l'action humaine. Incapable de permettre à une société primitive de fabriquer un silex, ils voudraient diriger une société ultra-complexe... avec un costume-cravate aussi intimidant que le masque de grand sorcier de la préhistoire.

Bah... le chasseur libéral des grandes steppes économiques du XXIème a le regard perçant pour distinguer les mammouths productifs des ronds de fumée keynésiens.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral