Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Protéger le client roi

Les étatistes oscillent entre deux obsessions suivant le calendrier lunaire et la course des étoiles : structurer le marché pour aider les consommateurs contre les producteurs ou structurer le marché pour aider les producteurs contre les consommateurs.

Cette attitude s'apparentant de fait à creuser des trous pour mieux les reboucher après, elle permet surtout, de promesses électorales en accord secret, d'empiler des politiques contradictoires pour le plus grand bonheur des éditeurs de livres de droit.

Favoriser les consommateurs aux dépends des producteurs est d'abord une idée saugrenue (comme son contraire d'ailleurs), les deux étant souvent une seule et même personne. 'Le consommateur est roi' n'est ni juste moralement, ni exact en pratique.

Il y a beaucoup mieux: des personnes libres (parfois consommatrices parfois productrices), dont les droits fondamentaux et le respect des contrats signés sont garantis par l'Etat.

Avant de monter des usines à gaz afin de tenter de structurer le marché en faveur des consommateurs, l'Etat pourrait aider les personnes libres

- en améliorant la protection des droits de la propriété et du respect des contrats y compris pour les petits montants -que ces personnes soient seules ou s'associant en groupes de consommateurs. (Class Action)-.

- en ne favoriserant pas certaines personnes (agriculteurs, libraires, producteurs de vêtements, taxis, pompes funèbres..) au détriment d'autres personnes (les mangeurs, les lecteurs, les textiles, les petits voyageurs, les morts)

Son intervention est aussi possible (mais pas forcément indispensable) pour édicter des normes (sécurité/qualité/environnementale/bonnes pratiques de SAV etc..) permettant de consommer sans laboratoire d'analyse biologique et sans encyclopédie de droit dans son salon.

Ces objectifs sont certes moins ambitieux et moins liberticides que le défi constructiviste de structurer le marché, mais ils ont le mérite d'être efficaces et égalitaires. Oui on sait.. sacrifier les coups de mentons, le dirigisme et les petites magouilles entre lobbies pour des trucs efficaces et égalitaires, ces ultra-néo-libéraux n'ont vraiment aucune notion du bien public

"Plutôt que de "souveraineté du consommateur", il serait plus précis de dire que sur le marché libre il y a souveraineté de l’individu : l’individu est souverain sur sa propre personne, sur ses actions et sur sa propre propriété. On peut appeler cela l’auto-souveraineté de l’individu. Pour gagner de l’argent, le producteur individuel doit satisfaire la demande des consommateurs, mais l’importance qu’il accorde à la recherche d’argent et l’importance qu’il accorde à d’autres facteurs, non monétaires, sont affaire de son libre choix.

Le terme de "souveraineté du consommateur" est un exemple typique d’abus, en économie, d’un terme ("souveraineté") approprié uniquement dans la sphère politique et est donc une illustration des dangers de l’emploi de métaphores tirées d’autres disciplines. "La souveraineté" est une qualité du pouvoir politique ultime ; c’est le pouvoir reposant sur l’utilisation de la violence. Dans une société parfaitement libre, chaque individu est souverain sur sa personne et sa propriété et c’est donc cette auto-souveraineté qu’il obtient sur le marché libre. Personne n’est "souverain" sur les actions ou les échanges de quelqu’un d’autre. Comme le consommateur n’a pas le pouvoir d’obliger les producteurs à travailler dans certains domaines, les premiers ne sont pas souverains sur les deuxièmes.

Hutt reconnaît implicitement cet état de fait, cependant, car il fait évoluer son argument et commence de manière inconsistante à regarder la "souveraineté du consommateur" comme un idéal éthique à l’aune duquel il convient de juger le marché libre. La souveraineté du consommateur devient un Dieu Absolu, et toute action des producteurs pour contrecarrer cet idéal est considérée comme rien moins qu’une trahison morale."

M.N. Rothbard - Man, Economy, and State

Louis XIV- Hyacinthe Rigaud

Les communicants d'entreprise racontent (souvent) des bêtises pour vendre ou motiver les salariés. Ces bêtises n'auraient pas tellement de conséquences si elles n'étaient assimilées à tort au libéralisme.

‘Le client est roi' fait partie des bêtises plutôt mignonnes pour motiver les troupes (parce qu'il y a aussi des bêtises d'entreprises pas mignonnes du tout à faire rougir de honte un journaliste de la Pravda).. Une bêtise mignonne mais assez inexacte.

L'économie de marché n'est justement pas une société d'ancien régime.
Le client n'est pas plus un roi, que le producteur n'est son serf.

Bien sûr, un producteur dans un marché libre, s'il veut faire des profits, doit tenir compte en permanence des choix des consommateurs pour les fidéliser. Mais il a aussi parfaitement le droit de refuser d'échanger ou de n'échanger que sur le périmètre qui lui convient.

Et dans tous les cas, contrairement justement à la société d'ancien régime -où des consommateurs à particule dominaient les manants producteurs de basse extraction - le fait d'être un producteur n'implique nullement une soumission ou un rapport hiérarchique avec un consommateur. Il s'agit de deux personnes libres qui échangent ce qu'elles veulent bien échanger.

Une pizzeria/producteur a donc parfaitement le droit de ne pas livrer au-delà d'une certaine distance, si elle juge que cet échange n'est pas intéressant pour elle. Elle ne devient pas corvéable à merci en étant producteur.

Un salarié/producteur a donc parfaitement le droit de ne pas vouloir travailler plus que ce qui est stipulé dans le contrat signé avec son employeur/consommateur. Il échange librement un certain nombre d'heures de travail contre un salaire. Il ne devient pas corvéable à merci en étant producteur.

Une multinationale peut parfaitement choisir de ne commercialiser que certains produits ou volume de produits, si elle juge que les autres échanges ne sont pas intéressants pour elle. Elle ne devient pas corvéable à merci en étant producteur.

Cette relation libre est encore incomprise par certains consommateurs-ancien régime qui, parce qu'ils deviennent consommateurs, s'imaginent aussi qu'ils deviennent des maîtres, alors qu'ils ne sont qu'une moitié d'un échange libre.

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