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concurrence libre Lorsqu'elle
s'exerce sur nous, la concurrence est rarement une source de
bien-être, du
moins sur le moment. Dans le domaine
économique, elle génère une angoisse
sourde pour les producteurs (salariés,
indépendants, entreprises, actionnaires,
épargnants). Est-ce qu'ils ne risquent
pas de perdre leur activité demain au profit d'un autre
producteur ? Et cette angoisse
s'avère de temps en temps fondée. Avec les
conséquences parfois
dramatiques que cela implique pour le producteur malheureux. Les libéraux
étant des défenseurs inconditionnels du
bien-être (le courage politique, c'est
quelque chose tout de même), leur engagement en faveur de la
concurrence dans
le cadre de l'économie de marché peut sembler
paradoxal au gentilhomme pas
éclairé. En premier lieu,
pour les libéraux, la concurrence est une
conséquence du droit à D'autre part c'est la
concurrence qui a permis d'améliorer de manière
spectaculaire notre niveau de
vie depuis deux siècles et qui va continuer à le
faire dans les siècles prochains. En dernier lieu, la concurrence ne peut pas s'abolir, la condition humaine génère mécaniquement des compétitions, y compris dans les milieux qui prétendent y échapper. La concurrence libérale, en excluant la violence et en la fondant sur des contrats librement consentis, canalise cette compétition de telle sorte qu'elle bénéficie à tous, y compris aux perdants. ../... Et est-ce sérieusement qu'on nous propose de substituer à cette universelle vigilance des intéressés une autorité sociale (fût-ce celle du réformateur lui-même), chargée de décider sur tous les points du globe les délicates conditions de ces échanges innombrables ? Ne voit-on pas que ce serait créer le plus faillible, le plus universel, le plus immédiat, le plus inquisitorial, le plus insupportable, le plus actuel, le plus intime, et disons, fort heureusement, le plus impossible de tous les despotismes que jamais cervelle de pacha ou de mufti ait pu concevoir ?" Frederic Bastiat - La concurrence |
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service public concurrentiel La concurrence est un processus indispensable pour allouer les ressources (le travail ou les matières premières) le moins mal possible compte tenu des souhaits de chaque personne. Un producteur obligatoire et unique (monopole d'Etat) n'est pas incité à innover, à améliorer ses méthodes de travail, à écouter les consommateurs puisque ces derniers ne peuvent pas aller voir ailleurs. Et même s'il le voulait, un producteur centralisé et unique ne pourrait pas connaitre les besoins de chaque personne. Les préférences réelles de chaque personne ne peuvent pas être établies en fonction de ce qu'elles disent, mais en fonction de ce qu'elles font lorsqu'elles sont confrontées à un choix dont elles connaissent et supportent le cout personnellement.. Les producteurs obligatoires et uniques ont donc naturellement tendance à mal servir des besoins qu'ils connaissent mal. Dans une économie socialiste pure, où tous les producteurs sont obligatoires et uniques, la pénurie et la médiocrité des produits est générale. Dans une économie libérale au contraire, les producteurs dont les produits ou les services ne sont pas retenus doivent réorienter leur production ou leur méthode de production pour répondre à la demande des consommateurs. Et c'est cette adaptation continuelle qui est la source de notre prospérité. "La concurrence n'est absente que là où l'affectation des individus divers aux diverses tâches est effectuée par les seules décisions du dictateur, sans que les intéressés y contribuent en s'efforçant de lui présenter leurs vertus et capacités sous le jour le plus favorable." Ludwig Von Mises - Action Humaine "Le libéralisme est basé sur la conviction que pour que la concurrence puisse jouer un rôle bienfaisant, une armature juridique soigneusement conçue est nécessaire; il admet que les lois passées et présentes ont de graves défauts. Il ne nie pas non plus que partout où il est impossible de rendre la concurrence efficace, il nous faut recourir à d'autres méthodes pour guider l'activité économique. Toutefois, le libéralisme économique est opposé au remplacement de la concurrence par des méthodes inférieures de coordination des efforts humains." F. Hayek - La route de la servitude. "C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises et qui établit les vrais rapports entre elles. " Montesquieu - De l'esprit des lois |
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guerre économique Malgré son efficacité pour évincer la misère, la concurrence économique est contestée sur deux plans, sur un plan moral/sentimental et sur un plan d'efficacité économique. Sur le plan moral, la sentence des étatistes est sans appel : "La concurrence économique, c'est la guerre de tous contre tous". Or chacun sait que faire la guerre c'est pas bien, et que c'est le contraire de faire l'amour, qui est très bien. Cet argument de fond donne immédiatement aux humanistes et aux obsédés sexuels l'envie de lever l'étendard de l'antilibéralisme. Qu'ils ne se laissent pas manipuler par les Etatistes dirigistes ! On peut très bien être humaniste, obsédé sexuel ET libéral. D'abord, la concurrence économique dans un Etat de droit, c'est le contraire de la guerre. La concurrence économique, c'est aussi pacifiste que Bob Marley après le huitième joint. Jamais de coercition. -contrairement aux monopoles obligatoires d'Etat, où un homme en uniforme et armé vient vous voir si vous refusez de payer ou si vous essayez de produire mieux ou moins cher.- (enfin d'abord, un homme en uniforme et sans arme : le facteur avec une lettre recommandée..) Certes, la concurrence n'abolit pas la bêtise ni la méchanceté. Mais il vaut mieux avoir à faire aux imbéciles dans un contexte concurrenciel que lorsque ces derniers sont les seuls points d'entrée d'un monopole obligatoire. Ensuite, même si la concurrence est un processus important du marché, l'immense partie du temps de travail est consacré à la coopération. Coopération pour fabriquer des voitures, du pain, des vaccins ou des vols intercontinentaux. Si un extraterrestre observait de son télescope les relations entre personnes vivant en économie de marché, il verrait une immense chaîne de coopération, partant d'un ouvrier allemand produisant une machine outil pour un artisan américain fabriquant des boussoles pour un marin russe transportant des chemises chinoises pour un fermier argentin élevant des vaches pour nourrir un ingénieur australien concevant des fibres optiques pour un prof d'université taiwanais écrivant des cours pour .... Et si un alter mondialiste lui expliquait alors que cette chaîne immense de coopération, c'est la guerre de tous contre tous, l'extraterrestre se dirait sans doute, que décidément la logique de ces terriens à poils longs et pin's rouges est assez déconcertante. "Il y a deux types différents de coopération sociale : la coopération en vertu du contrat et de la coordination ; et la coopération en vertu du commandement et de la subordination, ou hégémonie. Ce qui différencie le lien hégémonique du lien contractuel, c'est le champ dans lequel les choix des individus déterminent le cours des événements. Dès lors qu'un homme a décidé en faveur de sa soumission à un système hégémonique, il devient, dans le cadre des activités de ce système et pour le temps de sa sujétion, un pion des actions de celui qui dirige. A l'intérieur du corps social hégémonique, et dans la mesure où il dirige la conduite de ses sujets, seul le dirigeant agit. Les pupilles n'agissent qu'en choisissant leur subordination ; l'ayant choisie ils n'agissent plus pour eux-mêmes, on s'occupe d'eux. Dans le cadre d'une société contractuelle, les individus membres échangent des quantités définies de biens et de services d'une qualité définie. Lorsqu'il choisit la sujétion dans un corps hégémonique, un homme ne fournit ni ne reçoit rien de défini. Il s'intègre dans un système où il lui faut rendre des services indéterminés, et il recevra ce que le dirigeant est disposé à lui assigner. Il est à la merci du dirigeant. Le dirigeant seul a la faculté de choisir. Peu importe en ce qui concerne la structure de l'ensemble du système, que le dirigeant soit un individu ou un groupe organisé d'individus, une collégialité ; ou que le dirigeant soit un tyran démentiellement égoïste, ou un bienveillant despote paternel." Ludwig Von Mises - Action Humaine "Dans un pays où l'Etat est le seul employeur, toute opposition signifie mort par inanition. L'ancien principe : qui ne travaille pas, ne mange pas, est remplacé par un nouveau : qui n'obéit pas, ne mange pas." L. Trosky 1937 |
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concurrence pure et parfaite Sur le plan de l'efficacité, les critiques les plus vives de la concurrence s'appuient, paradoxalement, sur une école de pensée largement libérale : les néoclassiques. Pour les néoclassiques, la concurrence économique est un bienfait (c'est vrai), il s'agit de déterminer les critères de son existence et de son bon fonctionnement (c'est ambitieux) en utilisant les mathématiques (c'est très mal barré). ll y a 150 ans, l'école néoclassique a donc défini les critères permettant à la concurrence économique de fonctionner de manière optimale. - En premier lieu, pour que la concurrence économique soit parfaite, il faut d'abord qu'elle existe, c'est-à-dire qu'il existe plusieurs producteurs offrant les mêmes produits. - Et une fois qu'elle existe, il faut que l'information sur les produits et les biens échangés soit parfaite, sinon les échanges effectués ne sont pas satisfaisants. - Et enfin, la concurrence économique ne peut être efficace, que si tous les coûts des produits sont intégrés dans la production des biens ou des services. Or certains coûts sont difficiles à mesurer et à intégrer : l'émission de CO2, la pollution d'une rivière etc.. Ces coûts cachés faussent là aussi l'échange. Les étatistes dirigistes se sont engouffrés dans ces définitions pour clamer que la concurrence ne pouvait pas marcher puisqu'elle n'était pas parfaite. Et de proposer leur solution miracle : un Etat Dieu, omniscient, omnipotent et parfait pour remplacer la concurrence. Pour les libéraux de l'école autrichienne, la concurrence économique parfaite des néoclassiques est une chimère mathématique basée de surcroit sur une mauvaise compréhension des mécanismes de marché. Et l'Etat n'étant ni un Dieu, ni omniscient, ni omnipotent, les morceaux de sparadrap que les étatistes proposent de poser sur la concurrence économique réelle sont rarement nécessaires et souvent nocifs. "Les avantages de la concurrence ne dépendent pas des conditions qui existeraient si elle était parfaite". Hayek - The Meaning of Competition "En physiologie, en éthologie, en psychologie et dans les sciences sociales, les mathématiques n'apparaissent pratiquement pas si ce n'est sous la forme de recettes statistiques dont la légitimité propre semble douteuse; il n'y a qu'une exception : l'économie mathématique, avec le modèle des économies d'échange Walras-Pareto, qui arrive à poser de problèmes théoriques intéressants, mais dont l'applicabilité à l'économie réelle est plus que suspecte". René Thom - Mathématicien Français. "Il n'existe rien qui se puisse appeler le bonheur parfait, des hommes parfaits, une béatitude éternelle. Tout essai pour dépeindre les conditions d'un pays de Cocagne, ou de la vie des Anges, aboutit à des paradoxes. Là où il y a des conditions, il y a des limitations et non la perfection ; il y a des efforts pour surmonter des obstacles, il y a frustration et insatisfaction. Après que les philosophes eurent abandonné la quête de l'absolu, les utopistes la reprirent. Ils tissent des rêves à propos de l'État parfait. Ils ne s'avisent pas que l'État, appareil social de contrainte et de coercition, est une institution faite pour pallier l'imperfection humaine et que sa fonction essentielle est d'infliger des punitions à des minorités afin de protéger des majorités contre les conséquences dommageables de certaines actions. Vis-à-vis d'hommes « parfaits » il n'y aurait nul besoin de contrainte ni de répression. Mais les utopistes ne tiennent aucun compte de la nature humaine ni des inaltérables conditions de l'existence humaine. Godwin pensait que l'homme pourrait devenir immortel après l'abolition de la propriété privée. Charles Fourier divaguait à propos de l'océan contenant de la limonade au lieu d'eau salée. Le système économique de Marx ignorait sereinement le fait de la rareté des facteurs matériels de production. Trotski prophétisait que, dans le paradis prolétarien, « le type humain moyen se haussera au niveau d'un Aristote, d'un Goethe, ou d'un Marx. Et au-dessus de cette falaise, de nouveaux pics s'élèveront » Ludwig Von Mises - Action Humaine |
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producteurs uniques Pour les libéraux de l'école autrichienne, la concurrence existe dès lors que l'entrée sur le marché est libre. L'existence de la concurrence n'est donc pas dépendante du nombre de producteurs sur un marché donné à un instant donné, mais de l'absence de coercition (qu'elle soit étatique ou criminelle) destinée à interdire l'accès de ce marché à de nouveaux producteurs. La concurrence n'est pas donc une situation statique idéale, mais un processus continu. Suivant cette définition, un producteur peut donc être unique sur un marché sans constituer pour autant un monopole. De fait d'ailleurs, notre économie est constituée d'une myriade de producteurs uniques sur des niches, et ne s'en porte pas plus mal. Votre boulanger au coin de la rue est le producteur unique de pain du coin de cette rue, votre chanteuse de variété préféré est le producteur unique de sa voix ou de son déhanché, ce qui lui permet d'ailleurs de vendre mieux ses disques qu'une autre chanteuse, une entreprise de produits électroniques développant un appareil ultracool pour écouter votre chanteur préféré, est le producteur unique du produit ultracool, une entreprise pharmaceutique qui développe un nouveau médicament, est le producteur unique de ce médicament. Vous êtes à votre poste de travail, probablement un producteur unique, étant sans doute le seul à maîtriser les connaissances spécifiques à ce poste de travail dans cette entreprise à ce moment donné. Les seuls vrais monopoles sont donc les producteurs étatiques uniques et obligatoires.... C'était d'ailleurs la définition originale des monopoles au XIX éme siècle avant qu'elle ne dérive sous l'influence des néoclassiques et des socialistes. " L’erreur traditionnelle consiste pourtant à avoir une vision statique de la concurrence alors que la concurrence ne peut se comprendre que comme un processus qui se déroule dans le temps, dans une situation d’incertitude et non pas d’information parfaite. Et lorsqu’il faut « inventer le futur », celui qui invente bien le futur en est récompensé par un profit. On peut dire de ce point de vue que tout le mérite de la concurrence conçue comme un processus d’incitation à l’innovation réside dans le fait qu’elle est un élément d’incitation pour les producteurs. Il s’agit de faire mieux que les autres c’est à dire, à un moment donné, d’être les premiers à proposer un produit, ou proposer un produit à un prix beaucoup plus bas. Et par hypothèse, l’innovateur, au début tout au moins, a 100% de part de marché. Tout le mérite de la concurrence est donc d’incite à avoir des positions de « monopole » temporaires et menacées, dans la mesure où la concurrence existe et où d’autres producteurs peuvent essayer de devenir les meilleurs." Pascal Salin |
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monopoles naturels ? Les monopoles sont, dit naturels, lorsque, en général, le coût d'entrée pour les nouveaux producteurs est tellement élevé que ces derniers renoncent avant d'avoir essayé. Les producteurs en place devenant de facto des producteurs uniques 'durables'. Par exemple, pour concurrencer une ligne de métro déjà établie, il faudrait creuser un tunnel parallèle au premier, pour un coût colossal (et une absurdité criante). Pour les libéraux, le coût d'entrée est un phénomène utile dans le marché puisqu'il décourage les personnes d'investir trop lourdement dans des infrastructures déjà présentes. Ce coût d'entrée est présent dans toutes les activités, de manière moins visible qu'un tunnel creusé en double, mais il y joue le même rôle bénéfique. Même dans cette situation pouvant être inconfortable pour le consommateur, l'intervention de l'Etat n'est pas forcement utile. Les USA au XIX éme se sont bien couverts de voies ferrées privées, donc détenues par des producteurs uniques sur chaque tronçon, pour le plus grand bénéfice des consommateurs, la preuve : Blueberry, LuckyLucke, les bleus et John Wayne les utilisent souvent. Ces voies ferrées sont de toute manière en concurrence avec la diligence, les bateaux et le cheval, la preuve : Blueberry et LuckyLucke, les bleus et John Wayne les utilisent souvent. "L’idée d’une concurrence libre rendue obligatoire par la loi est une grotesque contradiction dans les termes. Elle signifie : forcer les gens à être libres à la pointe du fusil. Elle signifie : protéger la liberté des gens par la règle, arbitraire, d'édits bureaucratiques que l’on ne peut pas discuter… Il n’y a aucun moyen de réglementer la concurrence : il n’y a pas de normes par lesquelles on pourrait déterminer qui devrait concurrencer qui, combien de concurrents devraient exister dans un secteur donné, ce que devrait être leur force relative ou leurs parts de marché, quels prix ils devraient demander, quelles méthodes de concurrence sont correctes ou incorrectes. On ne peut répondre à aucune de ces questions, car ces questions sont précisément celles auxquelles seul le fonctionnement du marché peut apporter une réponse." Ayn Rand, Capitalism - The Unknow Ideal "Aujourd'hui des gens affirment la même chose en ce qui concerne diverses branches de la grande entreprise : vous ne pouvez ébranler leur position, elles sont trop grandes et trop puissantes. Mais la concurrence ne signifie pas que n'importe qui puisse prospérer en copiant simplement ce que d'autres font. Cela signifie le droit reconnu à tous de servir les consommateurs d'une façon meilleure ou moins chère sans être entravé par des privilèges accordés à ceux dont les situations acquises seraient atteintes par l'innovation. Ce dont un nouveau venant a le plus besoin s'il veut porter un défi aux situations acquises des firmes établies de longue date, c'est surtout de la matière grise et des idées. Si son projet est apte à satisfaire les plus urgents d'entre les besoins non encore satisfaits des consommateurs, ou à y pourvoir à un moindre prix que les vieux fournisseurs, il réussira en dépit de tout ce qu'on répète abondamment sur la grandeur et le pouvoir de ces firmes." L. Mises - Action Humaine |
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| Protéger
le client roi Les étatistes oscillent entre deux obsessions suivant le calendrier lunaire et la course des étoiles : structurer le marché pour aider les consommateurs contre les producteurs ou structurer le marché pour aider les producteurs contre les consommateurs. Cette attitude s'apparentant de fait à creuser des trous pour mieux les reboucher après, elle permet surtout, de promesses électorales en accord secret, d'empiler des politiques contradictoires pour le plus grand bonheur des éditeurs de livres de droit. Favoriser les consommateurs aux dépends des producteurs est d'abord une idée saugrenue (comme son contraire d'ailleurs), les deux étant souvent une seule et même personne. 'Le consommateur est roi' n'est ni juste moralement, ni exact en pratique. Il y a beaucoup mieux: des personnes libres (parfois consommatrices parfois productrices), dont les droits fondamentaux et le respect des contrats signés sont garantis par l'Etat. Avant de monter des usines à gaz afin de tenter de structurer le marché en faveur des consommateurs, l'Etat pourrait aider les personnes libres - en améliorant la protection des droits de la propriété et du respect des contrats y compris pour les petits montants -que ces personnes soient seules ou s'associant en groupes de consommateurs. (Class Action)-. - en ne favoriserant pas certaines personnes (agriculteurs, libraires, producteurs de vêtements, taxis, pompes funèbres..) au détriment d'autres personnes (les mangeurs, les lecteurs, les textiles, les petits voyageurs, les morts) Son intervention est aussi possible (mais pas forcément indispensable) pour édicter des normes (sécurité/qualité/environnementale/bonnes pratiques de SAV etc..) permettant de consommer sans laboratoire d'analyse biologique et sans encyclopédie de droit dans son salon. Ces objectifs sont certes moins ambitieux et moins liberticides que le défi constructiviste de structurer le marché, mais ils ont le mérite d'être efficaces et égalitaires. Oui on sait.. sacrifier les coups de mentons, le dirigisme et les petites magouilles entre lobbies pour des trucs efficaces et égalitaires, ces ultra-néo-libéraux n'ont vraiment aucune notion du bien public "Plutôt que de "souveraineté du consommateur", il serait plus précis de dire que sur le marché libre il y a souveraineté de l’individu : l’individu est souverain sur sa propre personne, sur ses actions et sur sa propre propriété. On peut appeler cela l’auto-souveraineté de l’individu. Pour gagner de l’argent, le producteur individuel doit satisfaire la demande des consommateurs, mais l’importance qu’il accorde à la recherche d’argent et l’importance qu’il accorde à d’autres facteurs, non monétaires, sont affaire de son libre choix. Le terme de "souveraineté du consommateur" est un exemple typique d’abus, en économie, d’un terme ("souveraineté") approprié uniquement dans la sphère politique et est donc une illustration des dangers de l’emploi de métaphores tirées d’autres disciplines. "La souveraineté" est une qualité du pouvoir politique ultime ; c’est le pouvoir reposant sur l’utilisation de la violence. Dans une société parfaitement libre, chaque individu est souverain sur sa personne et sa propriété et c’est donc cette auto-souveraineté qu’il obtient sur le marché libre. Personne n’est "souverain" sur les actions ou les échanges de quelqu’un d’autre. Comme le consommateur n’a pas le pouvoir d’obliger les producteurs à travailler dans certains domaines, les premiers ne sont pas souverains sur les deuxièmes. Hutt reconnaît implicitement cet état de fait, cependant, car il fait évoluer son argument et commence de manière inconsistante à regarder la "souveraineté du consommateur" comme un idéal éthique à l’aune duquel il convient de juger le marché libre. La souveraineté du consommateur devient un Dieu Absolu, et toute action des producteurs pour contrecarrer cet idéal est considérée comme rien moins qu’une trahison morale." M.N. Rothbard - Man, Economy, and State |
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