Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Les faits et les valeurs.

L'une des objections majeures contre le droit naturel est que selon certains penseurs (David Hume), on ne peut pas tirer une valeur, une norme d'un fait.
Le fait que nous soyons vivants, n'implique pas que respecter la vie est juste. Le fait que beaucoup d'hommes vivent en société ne permet pas d'affirmer que vivre en société est juste.
La nature constituant un ensemble de faits on ne peut pas en tirer une norme, un système de valeurs comme le droit naturel. De ce qui est on ne peut déduire ce qui doit être.

Par exemple, le syllogisme suivant n'est pas valide :
B) Le respect de la nature humaine est nécessaire pour vivre dans une société harmonieuse et respectant l'autonomie des individus.
C) Vous êtes un individu vivant en société
D) Donc vous devez respecter la nature humaine.
La norme D n'est pas déductible de faits B et C, même si B et C sont vrais.

Il manque une prémisse, un petit (A) qui introduit un choix :

A) Vous souhaitez vivre dans une société harmonieuse et respectant l'autonomie des individus.

A partir du moment où il s'agit d'un choix, le droit naturel ne devient plus qu'une option parmi d'autres. Option que tous ceux qui n'aiment pas les sociétés harmonieuses ou respectant l'autonomie des sujets ne choisiraient pas.

Aujourd'hui encore, le petit problème du fondement d'une morale donne lieu à une bataille intellectuelle complexe qui dépasse largement le cadre du droit naturel. Les réponses des partisans du droit naturel sont parmi les suivantes :
a) L'axiome d'argumentation (voir en face) b) La distinction entre faits et valeurs ne concerne le droit naturel qu'à la fin du débat : Est ce une obligation morale de respecter le droit naturel ? Ce qui vient avant, nature de l'homme, loi naturelle, droit naturel -qui est le plus polémique- n'est pas concerné par l'objection de Hume.
c) Dieu ou un texte sacré (Bible, Coran, Bouddha) me commande A. d) Je ne veux pas avoir comme voisin quelqu'un qui ne souhaite pas A. Sa place est en prison, en exil ou dans un cimetiere et j'ai le droit de prendre des dispositions pour me défendre préventivement contre un tel voisin.
e) C'est celui qui dit qui est. Les arguments utilisés pour contrer les théories de la loi naturelle font appel à des élements des théories de la loi naturelle.

"Certes la question parait frappée de bon sens : quel sens cela a-t-il de célébrer la liberté humaine, de voir dans la liberté le propre de l'homme, comme nous aimons à le faire depuis deux siècles, si la science centrale du monde humain présuppose, et entend prouver, que la conduite humaine est régie par des lois nécessaires, ou du moins ne peut être comprise que comme effet de causes sociales ?"

Pierre Manent - La cité de l'Homme

L'axiome du ragot parait prometteur pour fonder une éthique entre l'apriorisme néo Kantien de mises/Hoppes et l'appriorisme réaliste de rothbard, une femme au téléphone : propager des ragots, c'est forcement admettre qu'il existe des individus libres doués du langage sans cela personne ne peut commenter qui fait quoi avec qui

Pour démontrer que le droit naturel n'est pas une question de choix ou de sentiments, certains penseurs partent d'axiomes irréfutables pour reconstruire une éthique vraie. Hans-Hermann Hoppe recycle l'éthique de la discussion de Habermas pour démontrer la propriété de soi.

Le premier axiome est l'axiome d'argumentation.
A partir du moment où l'on argumente, on est obligé d'admettre implicitement un certain nombre d'axiomes.
D'abord pour argumenter, il faut admettre qu'argumenter est possible... On ne peut pas argumenter qu'argumenter est impossible. Argumenter implique donc l'acception de contraintes logiques partagées (principe de non contradiction etc...), du langage etc...
Argumenter est aussi une action, ce qui implique un acteur qui puisse agir. Pour pouvoir agir, il faut disposer du contrôle de son propre corps, de l'espace autour de son corps, ainsi que des ressources pour vivre. Ressources qui ont donc été "appropriées" (cf. propriété) ne serait ce qu'au moment de les avaler.

Hoppes en déduit qu'argumenter, c'est nécessairement admettre un certain nombre de normes dont on peut déduire par la logique une éthique qui ressemble furieusement au droit naturel moderne (propriété de soi, appropriation des ressources).

Ces tentatives comtemporaines pour fonder le droit naturel ne s'opposent pas au droit naturel classique ou moderne -à part sur le fondement- mais se voient comme des progrès dans la recherche de ce domaine.

Comme la physique ou la biologie, les théories du droit naturel évoluent, s'affinent avec le temps (mais pas l'objet de l'étude : loi naturelle elle-même qui est invariable, c'est sa connaissance qui progresse)

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