Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La guerre économique

Malgré son efficacité pour évincer la misère, la concurrence économique est contestée sur deux plans, sur un plan moral/sentimental et sur un plan d'efficacité économique.

Sur le plan moral, la sentence des étatistes est sans appel : "La concurrence économique, c'est la guerre de tous contre tous".
Or chacun sait que faire la guerre c'est pas bien, et que c'est le contraire de faire l'amour, qui est très bien. Cet argument de fond donne immédiatement aux humanistes et aux obsédés sexuels l'envie de lever l'étendard de l'antilibéralisme.

Qu'ils ne se laissent pas manipuler par les Etatistes dirigistes ! On peut très bien être humaniste, obsédé sexuel ET libéral.

D'abord, la concurrence économique dans un Etat de droit, c'est le contraire de la guerre. La concurrence économique, c'est aussi pacifiste que Bob Marley après le huitième joint. Jamais de coercition. -contrairement aux monopoles obligatoires d'Etat, où un homme en uniforme et armé vient vous voir si vous refusez de payer ou si vous essayez de produire mieux ou moins cher.- (enfin d'abord, un homme en uniforme et sans arme : le facteur avec une lettre recommandée..)

Certes, la concurrence n'abolit pas la bêtise ni la méchanceté. Mais il vaut mieux avoir à faire aux imbéciles dans un contexte concurrenciel que lorsque ces derniers sont les seuls points d'entrée d'un monopole obligatoire.

Ensuite, même si la concurrence est un processus important du marché, l'immense partie du temps de travail est consacré à la coopération. Coopération pour fabriquer des voitures, du pain, des vaccins ou des vols intercontinentaux.

Si un extraterrestre observait de son télescope les relations entre personnes vivant en économie de marché, il verrait une immense chaîne de coopération, partant d'un ouvrier allemand produisant une machine outil pour un artisan américain fabriquant des boussoles pour un marin russe transportant des chemises chinoises pour un fermier argentin élevant des vaches pour nourrir un ingénieur australien concevant des fibres optiques pour un prof d'université taiwanais écrivant des cours pour ....

Et si un alter mondialiste lui expliquait alors que cette chaîne immense de coopération, c'est la guerre de tous contre tous, l'extraterrestre se dirait sans doute, que décidément la logique de ces terriens à poils longs et pin's rouges est assez déconcertante.

"Il y a deux types différents de coopération sociale : la coopération en vertu du contrat et de la coordination ; et la coopération en vertu du commandement et de la subordination, ou hégémonie.
Ce qui différencie le lien hégémonique du lien contractuel, c'est le champ dans lequel les choix des individus déterminent le cours des événements. Dès lors qu'un homme a décidé en faveur de sa soumission à un système hégémonique, il devient, dans le cadre des activités de ce système et pour le temps de sa sujétion, un pion des actions de celui qui dirige. A l'intérieur du corps social hégémonique, et dans la mesure où il dirige la conduite de ses sujets, seul le dirigeant agit. Les pupilles n'agissent qu'en choisissant leur subordination ; l'ayant choisie ils n'agissent plus pour eux-mêmes, on s'occupe d'eux.
Dans le cadre d'une société contractuelle, les individus membres échangent des quantités définies de biens et de services d'une qualité définie. Lorsqu'il choisit la sujétion dans un corps hégémonique, un homme ne fournit ni ne reçoit rien de défini. Il s'intègre dans un système où il lui faut rendre des services indéterminés, et il recevra ce que le dirigeant est disposé à lui assigner. Il est à la merci du dirigeant. Le dirigeant seul a la faculté de choisir. Peu importe en ce qui concerne la structure de l'ensemble du système, que le dirigeant soit un individu ou un groupe organisé d'individus, une collégialité ; ou que le dirigeant soit un tyran démentiellement égoïste, ou un bienveillant despote paternel."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"Dans un pays où l'Etat est le seul employeur, toute opposition signifie mort par inanition. L'ancien principe : qui ne travaille pas, ne mange pas, est remplacé par un nouveau : qui n'obéit pas, ne mange pas."

L. Trosky 1937

Affiche du film autant en emporte le vent

Ma tendre amie, ma belle fiancée, ma chère Scarlett,

Déjà 5 heures que nous sommes séparés par cette terrible guerre économique que rien ne semble pouvoir arrêter. Les Hommes sont-ils donc fous ?

Ils devraient coopérer librement, faire confiance aux initiatives des autres, et ils choisissent la servitude volontaire en soutenant des monopoles étatiques obligatoires.

La seule guerre économique qui existe, c'est celle que livrent les étatistes contre la concurrence économique.

Tu le sais ma douce, il n'y a que trois manières de faire en sorte que les personnes coopèrent en vue d'un objectif commun.

L'amour. Qui enflamme nos deux coeurs d'amants séparés, mais que l'on retrouve dans une moindre mesure au club des bénévoles de pétanque-Pastis ou à l'association des droits de l'Homme de Seine Saint Denis

Les contrats librement consentis. Qui permettent aux personnes libres, d'échanger, de bâtir sans que l'une n'impose ses vues à l'autre par la violence, et sans que l'une ne sacrifie son intérêt à l'autre.

La force. L'Etat en est le seul dépositaire légitime et ne devrait l'utiliser que pour garantir les droits fondamentaux à chaque personne.

Pour notre grand malheur, des étatistes, prétendant nous sauver de la liberté de choisir, abolissent la concurrence économique au profit de monopoles obligatoires.

Et des hommes en uniformes et armés viennent empêcher des personnes libres de produire moins cher ou mieux, ou de choisir moins cher ou mieux.

Ils remplacent la concurrence économique et la liberté pour tous de choisir, par une compétition sournoise et souterraine entre des lobbies pour mettre à leur service indirect ces hommes en uniforme et armés.

Tu vois ma chérie, je souffre le martyr loin de toi, séparé par plusieurs monopoles obligatoires en grève (la SNCF, la poste) dont le financement m'empêche de payer notre maison coloniale avec des belles colonnes près de Marne la vallée.

Mais je sais qu'un jour, oui un jour, la coopération libre reprendra ses lettres de noblesse dans notre beau pays. Et aussi qu'un jour, je t'épouserai.

Je t'aime. Ton Clarkounet

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La concurrence pure et parfaite

Sur le plan de l'efficacité, les critiques les plus vives de la concurrence s'appuient, paradoxalement, sur une école de pensée largement libérale : les néoclassiques.

Pour les néoclassiques, la concurrence économique est un bienfait (c'est vrai), il s'agit de déterminer les critères de son existence et de son bon fonctionnement (c'est ambitieux) en utilisant les mathématiques (c'est très mal barré).

ll y a 150 ans, l'école néoclassique a donc défini les critères permettant à la concurrence économique de fonctionner de manière optimale.

- En premier lieu, pour que la concurrence économique soit parfaite, il faut d'abord qu'elle existe, c'est-à-dire qu'il existe plusieurs producteurs offrant les mêmes produits.

- Et une fois qu'elle existe, il faut que l'information sur les produits et les biens échangés soit parfaite, sinon les échanges effectués ne sont pas satisfaisants.

- Et enfin, la concurrence économique ne peut être efficace, que si tous les coûts des produits sont intégrés dans la production des biens ou des services. Or certains coûts sont difficiles à mesurer et à intégrer : l'émission de CO2, la pollution d'une rivière etc.. Ces coûts cachés faussent là aussi l'échange.

Les étatistes dirigistes se sont engouffrés dans ces définitions pour clamer que la concurrence ne pouvait pas marcher puisqu'elle n'était pas parfaite.
Et de proposer leur solution miracle : un Etat Dieu, omniscient, omnipotent et parfait pour remplacer la concurrence.

Pour les libéraux de l'école autrichienne, la concurrence économique parfaite des néoclassiques est une chimère mathématique basée de surcroit sur une mauvaise compréhension des mécanismes de marché. Et l'Etat n'étant ni un Dieu, ni omniscient, ni omnipotent, les morceaux de sparadrap que les étatistes proposent de poser sur la concurrence économique réelle sont rarement nécessaires et souvent nocifs.

"Les avantages de la concurrence ne dépendent pas des conditions qui existeraient si elle était parfaite."

Hayek - The Meaning of Competition

"Il n'existe rien qui se puisse appeler le bonheur parfait, des hommes parfaits, une béatitude éternelle. Tout essai pour dépeindre les conditions d'un pays de Cocagne, ou de la vie des Anges, aboutit à des paradoxes. Là où il y a des conditions, il y a des limitations et non la perfection ; il y a des efforts pour surmonter des obstacles, il y a frustration et insatisfaction.
Après que les philosophes eurent abandonné la quête de l'absolu, les utopistes la reprirent. Ils tissent des rêves à propos de l'État parfait. Ils ne s'avisent pas que l'État, appareil social de contrainte et de coercition, est une institution faite pour pallier l'imperfection humaine et que sa fonction essentielle est d'infliger des punitions à des minorités afin de protéger des majorités contre les conséquences dommageables de certaines actions. Vis-à-vis d'hommes « parfaits » il n'y aurait nul besoin de contrainte ni de répression. Mais les utopistes ne tiennent aucun compte de la nature humaine ni des inaltérables conditions de l'existence humaine. Godwin pensait que l'homme pourrait devenir immortel après l'abolition de la propriété privée. Charles Fourier divaguait à propos de l'océan contenant de la limonade au lieu d'eau salée. Le système économique de Marx ignorait sereinement le fait de la rareté des facteurs matériels de production. Trotski prophétisait que, dans le paradis prolétarien, « le type humain moyen se haussera au niveau d'un Aristote, d'un Goethe, ou d'un Marx. Et au-dessus de cette falaise, de nouveaux pics s'élèveront."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"En physiologie, en éthologie, en psychologie et dans les sciences sociales, les mathématiques n'apparaissent pratiquement pas si ce n'est sous la forme de recettes statistiques dont la légitimité propre semble douteuse; il n'y a qu'une exception : l'économie mathématique, avec le modèle des économies d'échange Walras-Pareto, qui arrive à poser de problèmes théoriques intéressants, mais dont l'applicabilité à l'économie réelle est plus que suspecte."

René Thom - Mathématicien Français.

Don Quichotte- Honoré Daumier

Sur le plan théorique, beaucoup d'adversaires du libéralisme partagent avec Don Quichotte le goût des batailles terribles gagnées contre des adversaires qui ne le sont pas.

En l'occurrence, au lieu de tenir compte des évolutions de la pensée économique libérale, notamment sous l'impulsion de l'école autrichienne, ces Donquichotte antilibéraux préfèrent combattre vaillamment l'école néoclassique du XIX eme siècle.

Or, l'école autrichienne ne se reconnait pas dans certains concepts et méthodes de l'école néoclassique.

Cette dernière n'est pas née au siècle du scientisme et du romantisme par hasard.
Inspirés par la thermodynamique, l'école néoclassique a en effet défini un fonctionnement optimal de l'économie de marché : un équilibre obtenu entre des belles courbes calculées à partir de belles équations.

En pleine période romantique, ces grands fous néoclassiques n'ont pas écrit de poésie sur un amour parfait, pur (et impossible), ce n'était pas leur domaine. Par contre, ils ont écrit de belles pages (en prose mathématique) sur la concurrence pure, parfaite (et impossible).

Pourtant les Donquichottes étatistes depuis plus de 150 ans continuent de charger ces deux moulins (l'équilibre et la concurrence parfaite) sans s'occuper le moins du monde des nouvelles théories de l'école autrichienne, pourtant à l'origine du fameux ultralibéralisme qu'ils prétendent combattre en priorité.

Pour l'école autrichienne en effet, les mathématiques, utilisés abondamment par l'école néoclassique, sont largement inadaptées à la science économique. L'économie de marché ne tend pas vers un équilibre fictif et stationnaire, mais au contraire accompagne en permanence des déséquilibres dus aux évolutions technologiques ou des attentes des consommateurs.

Quant à la concurrence parfaite, les critères de l'école Néoclassique ne sont pas forcément pertinents, et lorsqu'ils le sont, l'Etat est souvent incapable de faire mieux.

Si les antilibéraux pouvaient débloquer leur horloge interne de l'année de la mort de Karl Marx, ils pourraient s'attaquer aux théories économiques libérales actuelles (l'école autrichienne donc), et non à celles contemporaines de leur prophète (l'école néoclassique).

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral