Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Etape 3 : L'individualité

L’Individualité fait donc partie de la nature de l’Homme.

Une autre violation de la nature de l’Homme serait de nier son individualité.

Le traiter comme une non-personne - une fraction d'un groupe - ou confondre ses actions et ses paroles avec celles d’un autre.

Le traiter comme une non-personne, c'est le traiter comme un moyen, un outil passif que l’on emploie sans se soucier de son consentement, ou même contre son consentement.

Respecter son consentement, c’est respecter sa liberté.

Un droit naturel qui permettrait de respecter la nature de l’homme sur ce point là pourrait donc s’écrire : « L’Homme a un droit naturel à la liberté. »
Ou dit différemment, "L’Homme a l'obligation de respecter la liberté/le consentement des autres".

"Pour bien entendre en quoi consiste le pouvoir politique, et connaître sa véritable origine, il faut considérer dans quel état tous les hommes sont naturellement. C'est un état de parfaite liberté, un état dans lequel, sans demander de permission à personne, et sans dépendre de la volonté d'aucun autre homme, ils peuvent faire ce qu'il leur plait, et disposer de ce qu'ils possèdent et de leurs personnes, comme ils jugent à propos, pourvu qu'ils se tiennent dans les bornes de la loi de la Nature."

John Locke - Traité de gouvernement civil

"Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.
Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur."

Déclaration de l'indépendance américaine

"Car, ce pouvoir n'étant autre chose que le pouvoir de chaque membre de la société, remis à cette personne ou à cette assemblée, qui est le législateur, ne saurait être plus grand que celui que toutes ces différentes personnes avaient dans l'état de nature, avant qu'ils entrassent en société, et eussent remis leur pouvoir à la communauté qu'ils formèrent ensuite. Car, enfin, personne ne peut conférer à un autre plus de pouvoir qu'il n'en a lui-même : or, personne n'a un pouvoir absolu et arbitraire sur soi-même, ou sur un autre, pour s'ôter la vie, ou pour la ravir a qui que ce soit, ou lui ravir aucun bien qu'il lui appartienne en propre."

John Locke - Traité de gouvernement civil

un électeur Etatiste Heureux ! Létat-nounou m'a donné un droit creance a une gamelle de riz, la place prés du radiateur gratuit et deux pause-pipi par jour. Non vraiment je ne regrette pas mes droits naturels.

John Locke (1632- 1704), dans la lignée de Thomas d'Aquin et de l'école de Salamanque, est l'un des grands penseurs du droit naturel moderne...

Contrairement à Hobbes qui voit l'état de nature comme un chaos sans nom, pour Locke dans l'état de nature, l'homme a plutôt tendance à tenir ses promesses, à ne pas tuer inutilement. Bref l'état de nature n'est pas l'enfer de Hobbes et sa guerre de tous contre tous.

Même à l'état de nature, les Hommes connaissent par la raison ce qui est juste et ce qui est injuste, ce qui leur appartient de ce qui ne leur appartient pas.

Dans l'état de nature, personne n'est obligé de tenir compte des règles décrétées par un autre. Il y a donc égalité.

Cet état de nature n'est pourtant pas un paradis perdu. Les méchants existent et pour s'en protéger il est utile pour les hommes raisonnables de grouper leurs forces afin de se protéger efficacement. L'Etat est donc le fruit d'un contrat entre hommes raisonnables afin de protéger leurs droits naturels.

L'Etat est donc souhaitable pour protéger les droits naturels, mais il n'est pas indispensable. Les individus peuvent rompre le contrat avec l'Etat si ce dernier ne protège pas leurs droits, ou pire les viole lui-même.

Pour Hobbes, l'état de nature est un cauchemar et se rebeller contre l'Etat, c'est-à-dire retourner à l'état de nature, ne doit se faire qu'en tout dernier recours.

Pour Locke, l'état de nature n'est pas un paradis, mais permet tout de même aux individus de préserver leurs droits naturels. Se rebeller contre l'Etat est donc envisageable lorsque ce dernier viole massivement les droits naturels. Au pire, nous retournerions à l'état de nature, toujours supérieur à un Etat totalitaire ou despotique.

Les travaux de John Locke serviront de base pour la Déclaration des Droits de 1789 et la constitution américaine.

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Etape 3 : Echanger ou ne pas échanger

La liberté naturelle est donc la possibilité de refuser d’entrer dans un échange dont les termes ne vous conviennent pas.

Le droit de s’abstenir d’échanger ou d’agir.

« Non, Monsieur l’Escroc je ne souhaite pas échanger avec vous. »
« Non, Monsieur le Tortionnaire, je ne souhaite pas échanger avec vous. »
« Non, Monsieur le Violeur, je ne souhaite pas échanger avec vous. »
« Non, Monsieur l’Honnête Homme, je ne souhaite pas échanger avec vous. »
« Non, Monsieur le PDG, je ne souhaite pas échanger avec vous. »
« Non, Monsieur le bureaucrate, je ne souhaite pas échanger avec vous. »
« Non, Monsieur le Chef Religieux, je ne souhaite pas échanger avec vous »

Parce qu’elle est le droit de s’abstenir d’échanger, le droit de dire « non » à un échange non désiré, les communistes et aujourd'hui les sociaux-démocrates ont balancé par-dessus bord la liberté naturelle en expliquant qu’elle n’était pas suffisante pour éliminer la souffrance ou même simplement la frustration.

Pas suffisante, peut être. Mais indispensable, certainement. Le XXème siècle aurait eu un tout autre visage, si les Etats avaient simplement respecté la liberté négative de chaque individu.

Ah bah tiens, le XIIXème aussi. Et celui d’avant aussi. Et celui d’avant, avant aussi...

Peut être qu’au XXIème, ca vaudrait le coup de commencer à essayer de respecter la liberté naturelle. Juste pour voir.

"En effet ce qu’on y échange, ce ne sont pas seulement des pommes contre du beurre, ou de l’or contre des chevaux. Ce qu’on échange en réalité, ce ne sont pas directement les produits, mais les Droits de propriété sur ces produits."

Murray Rothbard - L'Ethique de la liberté

"Le droit à la propriété est antérieur à la loi. Ce n’est pas la loi qui a donné lieu à la propriété mais au contraire, la propriété qui a donné lieu à la loi. Cette observation est importante, car il est assez commun, surtout parmi les juristes, de faire reposer la propriété sur la loi, d’où la dangereuse conséquence que le législateur peut tout bouleverser en conscience."

Frédéric Bastiat - Le libre échange

Et si on garantissait juste aux gens la liberté d'entrer ou pas dans un échange ? Ridicule ! Mais il faut bien les forcer à suivre notre plan pour construire une socièté juste ? Frappez le Benoît ! Oui, forcer les faibles à échanger ou pas c'est protéger les faibles ! Et ce n'est pas parce que ça n'a jamais marché avant que ça va rater ce coup ci.

La liberté naturelle n’empêche évidement pas l’engagement consenti.

La liberté naturelle, c’est la liberté de dire « non » à un engagement qui ne convient pas, mais aussi de dire « oui » à un engagement qui convient.

Cela peut être un engagement moral.
« Je m’engage à ne pas tromper la personne avec qui je vis. »
« Je m’engage à aider cet ami », « Je m’engage à prier Dieu », « Je m’engage à soutenir cette cause, cette organisation, cette nation ».

Cela peut être un engagement contractuel ou économique.
« Je m’engage à faire ceci ou cela en échange de ceci ou cela. –en général de l’argent-»

Le liberté naturelle n'est donc pas l'absence de contraintes, d'obligations ou devoirs vis-à-vis de soi-même ou des autres, elle est l'absence de contraintes non consenties venant des autres.

Elle est limitée -y compris par la force de l'Etat- :
Par le respect des droits naturels des autres.
Par les contrats volontairement consentis

et elle est encadrée -par la pression sociale -sans être obligatoire-
Par les usages, règles de politesse, codes sociaux permettant à chacun de vivre au contact des autres sans (trop) d'incompréhensions.

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