Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Etape 3 La capacité

La liberté est parfois confondue avec son faux-ami : « la capacité ».
Etre libre, ce n’est pas la même chose qu’être capable.

Si nous sommes libres d’écrire un opéra, cela ne veut en aucun cas dire que nous en sommes capable.
Nous avons un droit naturel à la liberté d’écrire un opéra, en aucun cas nous avons un droit naturel à la capacité d’écrire un opéra.
Nous sommes libres d’aller en vacances à la plage, cela ne veut pas dire que nous en avons la capacité (financière).
Nous sommes libres de faire des gros câlins entre adultes consentants, mais ce n'est pas un droit à de gros câlins. Cela impliquerait pour les autres un devoir de faire des gros câlins. Le droit de l'amour libre n'est pas le droit du viol.

Un droit à la liberté est lié à la nature de l'Homme, un individu doué de sa propre raison dont il peut user pour guider son action.

Un droit à la capacité n’est pas lié à la nature de l’Homme sauf à considérer qu’il est dans la nature de l’Homme d’être un Dieu omnipotent, un Dieu ayant une capacité sans autre limite que ses envies.

La liberté, c’est celle de pouvoir penser, agir, échanger sans être entravé par les autres (dans la limite du respect des droits naturels des autres.)
C’est un droit dont tout le monde peut jouir, de manière égale.

Un droit à la capacité au contraire exige que les autres travaillent, agissent sans leur consentement pour vous écrire un opéra, pour vous payer des vacances à la plage, pour vous faire un câlin.

C’est un droit qui est forcément inégalitaire (certains prennent la capacité des autres), qui transforme les autres en moyens, qui viole le droit naturel à la liberté. Ceausescu, Staline ou Kim Sug avaient des droit à la capacité presque sans limite. Leurs peuples, par contre, n'avaient plus aucun droit.

La confusion entre droit à la liberté et droit à la capacité est permanente chez les étatistes. Forcément le droit à la liberté limite leur pouvoir, le droit à la capacité est un prétexte sans limite pour l'augmenter.

"La liberté de Robinson d’adopter des idées, de choisir ses fins reste inviolable et inaliénable ; d’un autre côté, comme l’homme n’est pas plus omnipotent qu’il n’est omniscient, il trouvera toujours des limites à son pouvoir de faire toutes les choses qu’il voudrait faire."

Murray Rothbard - L'Ethique de la liberté

un cowboy : Attendre en plein soleil... Porter un foulard poussiéreux, supporter les regards égoistes. Vivement la sociale démocratie que je ne sois plus obligé de forcer moi-même les autres à me donner la capacité de réaliser mes objectifs !

A l'opposé d'Ayn Rand ou de Rothbard, Nozick pose sa réflexion autour d'un Etat minimal sur une déontologie kantienne.

C'est-à-dire sur des principes de base qui sont justes, et dont l'application -quelque soit ses résultats d'ailleurs- seront justes.

Tandis que pour Ayn Rand ou Rothbard, les règles sont justes parce que leur résultat (faire tendre l'Homme vers sa nature) est bien.

Et ce qui est juste pour Nozick -s'appuyant sur Kant-, c'est que personne ne soit utilisé comme un moyen. Chaque individu est une fin en soi.

On ne peut donc pas forcer un individu à agir sans son consentement, cela serait le prendre comme un moyen.
C'est-à-dire le forcer à travailler pour d'autres individus à travers le système d'une social-démocratie. Un médecin n'est pas obligé de travailler pour tout le monde. Il n'est pas un moyen pour tout le monde.

Un contribuable n'est pas obligé de financer un système de protection sociale pour tout le monde, il n'est pas un moyen pour tout le monde. Il peut le faire librement, mais on ne peut lui imposer.

Ces principes déontologiques sont évidemment à des années lumières de la cuisine électorale actuelle qui consiste en permanence à promettre à certains d'utiliser les autres comme des moyens au service de fins qu'ils n'approuvent pas.

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Etape 3 - La liberté des autres

La liberté est donc difficile à défendre parce que chacun fait un usage différent de la liberté.
Le collectionneur de petites cuillères n'a parfois pas beaucoup de considération pour la liberté du surfeur, l'amateur de Bordeau pour celle du fumeur de marijuana fraiche.

Même si je n'ai aucun usage de la liberté de faire des vaccins, -je ne sais pas faire de la recherche médicale- j'ai tout de même intérêt à ce que ceux qui savent en faire soient libres d'en faire sans que l'Etat les en empêche. La liberté de Pasteur est précieuse, et pas seulement pour Pasteur.

Même si je n'ai aucun usage de la liberté de jouer de la musique, j'ai tout intérêt à ce que ceux qui savent jouer soient libres de le faire. La liberté de Beethoven est précieuse, et pas seulement pour Beethoven.

Même si je n'ai aucun usage de la liberté de tourner des films -je ne sais pas mettre en scène-, j'ai tout de même intérêt à ce que ceux qui savent le faire soient libre de le faire. La liberté de Kubrick est précieuse, et pas seulement pour Kubrick.

Même si je n'ai aucun usage de la liberté d'entreprendre, -je n'ai aucun talent pour créer une entreprise- j'ai tout intérêt à ce que ceux qui savent entreprendre faire soient libres de le faire. La liberté de Ford est précieuse et pas seulement pour Ford.

Défendre la liberté et celle des autres, même lorsqu'ils en font un usage que l'on ne comprend pas ou que l'on n'approuve pas, est de toute manière juste.

C'est souvent aussi utile. Utile pour soi, utile pour les autres.

"Dans une société libre, il ne serait permis à personne (ou personne ne se permettrait) de violer la propriété d’autrui. Cela impliquerait certainement que le pouvoir d’action de chacun serait limité, de même que le pouvoir de l’homme est toujours limité par sa nature ; mais cela n’impliquerait en rien une diminution de sa liberté. Car si nous définissons encore une fois la liberté comme l’absence de violence commise par un homme sur la personne ou la propriété d’un autre, la confusion mortelle entre la liberté et le pouvoir disparaît. Il saute alors aux yeux qu’une prétendue “liberté de voler et d’attaquer”, bref d’agresser, ne conduirait pas du tout à un état de liberté puisqu’elle permettrait qu’une personne, celle qui est victime de l’agression, soit privée de son Droit de contrôler sa personne et sa propriété ; bref, que sa liberté serait violée."

Murray Rothbard - L'Ethique de la liberté

Bonjour, vous avez du feu ? Non pas pour vous. Votre costume est indécent : Vous n'avez pas de flamme dorée sur la tête. J'ai le droit de m'habiller comme bon me semble ! Certes et j'ai le droit de refuser d'échanger avec vous et d'exprimer ma désaprobation

On peut respecter les Droits Naturels des autres et vivre et penser comme un porc.

C'est légal (ou cela devrait l'être.)

Mais cela ne veut pas dire que cela soit respectable et respecté.

La désapprobation est aussi un exercice de sa liberté, c'est parfois un devoir.

Refuser à l'Etat le rôle d'arbitre des bons goûts, de défendeur du vrai, du bien, du beau ne signifie pas que le vrai, le bien, le beau ou la vertu n'existent pas. Ni que chaque individu ne puisse défendre sa vision du vrai, bien, beau et désapprouver publiquement les actions qui s'en éloignent.

En d'autres termes "j'ai bien le droit (légal) de le faire" n'est en rien une justification morale et en aucun cas un devoir pour les autres de rester silencieux face à certaines actions ou comportements par ailleurs légaux. Le droit à la liberté comprend aussi la liberté d'exprimer sa désapprobation.

La pression sociale sur la politesse ou les exigences morales variées (bien jouer de la musique, faire preuve de générosité, être un bon ami, un bon citoyen ou travailler correctement) sont parfaitement légitimes dans une société libérale.

Les comportements excentriques sont légaux et ont un rôle à jouer dans la découverte de meilleures façons d'agir ou de penser.

Mais la force contraire, la désapprobation publique de ces comportements sont tout aussi légitimes.

Le libéralisme, c'est le respect des droits naturels et la tolérance. Ce n'est ni l'indifférence ni le relativisme.

Les malotrus mitraillettes à ""j'ai bien le droit à" en justification de n'importe quel comportement médiocre peuvent aller se rhabiller.
Ils ont peut être le droit naturel de faire ou dire ceci cela (parfois même pas), cela n'implique en rien le devoir des autres de se taire.

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