Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

L'offre de monnaie

Comme pour d'autres marchandises, l'offre de monnaie (saine) et la demande de monnaie (saine) permettent de fixer le prix de la monnaie.

La demande de monnaie c'est très concrètement la quantité de monnaie (en liquide ou sur un compte en banque) dont chacun souhaite disposer parmi ses richesses. La quantité de cash, de flouze, de pognon, de pèze, de brouzoufs dont on souhaite disposer. La quantitée de monnaie donc.

Vous pouvez en effet conserver vos richesses sous forme de flouze, pardon de monnaie, ou sous forme de maisons, d'actions, de bijoux.
Un avare ou un prudent souhaitera avoir une grande quantité de monnaie sous son matelas pour faire face à l'imprévu, un investisseur préfèrera garder un peu de monnaie et avoir le reste de ses richesses sous forme d'investissement dans une usine.
Un bon vivant gardera un peu de monnaie et aura le reste de ses richesses sous forme de bon vin et de beaux vêtements.

Toutes ces décisions individuelles additionnées provoqueront une demande de monnaie plus ou moins grande par rapport à la quantité de biens (usines, pantalons, bon vin) à acheter.

Si la demande de monnaie diminue, cela signifie que davantage de gens cherchent à se débarrasser de leur monnaie pour acheter certains biens, et le prix de ces biens -davantage recherchés- augmentera relativement à la monnaie.

A contrario, si davantage de personnes cherchent à posséder de la monnaie en vendant ou en n'achetant pas de biens, le prix de ces biens -moins recherchés- diminuera.

Bref on reconnaît sans trop de peine les mécanismes habituels de l'économie libre : offre, demande et la subjectivité des acteurs (le radin, l'investisseur ou le consommateur). Ce sont donc des mécanismes qui n'ont pas d'autres origines que des décisions individuelles libres et respectables (à défaut d'être rationnelles).

Décisions individuelles libres qui échappent complètement aux radars des grandeurs macroscopiques et leurs moulinettes mathématiques déterministes.

"Toutes les marchandises deviennent plus chères lorsqu'elles sont très demandées, et la monnaie qui peut être vendue, troquée ou échangée est une marchandise. Par conséquent, la monnaie devient elle aussi plus chère lorsqu'elle est très demandée ou que l'offre est faible."

Azpilcueta - "Comentario resolutoio de usuras" - 1556

"Celui qui possède plus de monnaie à sa disposition qu'il ne pense nécessaire à ses besoins achètera, afin de se débarrasser du stock superflu de monnaie qui est entre ses mains. S'il est un entrepreneur, il pourra par exemple agrandir ses affaires. Si cet usage de monnaie n'est pas ouvert à lui, il pourra acheter des valeurs rapportant des intérêts ; ou il pourra décider d'acheter des biens de consommation. Mais, dans tous les cas, il exprime par un comportement approprié sur le marché le fait qu'il considère sa réserve de pouvoir d'achat comme trop grande.
Et celui dont la demande de monnaie est moindre que son stock se comportera d'une manière exactement contraire. Si un stock individuel de monnaie diminue (sa propriété ou son revenu restant les mêmes), alors il prendra des mesures pour atteindre le niveau désiré de réserves de pouvoir d'achat par un comportement adéquat en effectuant ses ventes et ses achats."

Ludwing Von Mises Théorie du crédit et de la monnaie - 1912

La série télévisée Lost

Les survivants d'un terrible naufrage s'échouent sur une île déserte. Ils ont toutefois beaucoup de chance. L'île regorge de vaches, de patates et de vignes.

Au départ, les 100 naufragés de l'île "SteakFrites" se nourrissent exclusivement de steaks. (Les frites et le Beaujolais n'existent pas encore dans la première saison de cette série..)

La monnaie locale est basée sur un stock de 1000 trombonnes, le seul bien que les naufragés ont pu sauver du désastre. Le prix des steaks est donc exprimé en trombonnes. 100 gr de bonne viande rouge font environ 3 trombonnes.

Naturellement ce prix peut évoluer suivant la production de steak ou la demande.

Mais même si la production et la demande de steak sont stables, le prix d'un steak exprimé en trombonnes peut varier . Il peut varier à cause des trombonnes eux-mêmes.

En effet s'il y a davantage de trombonnes pour une même quantité de steaks, le prix des steaks augmentent. L'augmentation du nombre de trombonnes fait diminuer le pouvoir d'achat de chaque trombonne et il faut donc davantage de trombonnes pour acheter un steak. C'est l'inflation.
Acontrario, s'il y a moins de trombonnes pour une même quantité de steaks, le prix des steaks en trombonnes diminue. La diminution du nombre de trombonnes fait augmenter le pouvoir d'achat de chaque trombonne et il faut donc moins de trombonnes pour acheter un steak. C'est la déflation.

L'île est pour l'instant à l'abri d'une augmentation du nombre de trombonnes, c'est déjà un miracle qu'une caisse ait pu flotter jusqu'à la plage.

Par contre, le nombre de trombonnes en circulation peut diminuer. Certains naufragés les cachent pour, par exemple, s'assurer contre les mauvais jours.

Ces fluctuations des prix dues à la quantité de trombonnes cachés sont naturelles dans une économie libre. Les personnes libres préfèrent avoir plus ou moins de monnaie en réserve et plus ou moins de trombonnes à dépenser immédiatement. C'est parfaitement légitime. Ces fluctuations sont en général de faible amplitude.

Malheureusement certains économistes (et les étatistes flairant la bonne affaire) ont désigné ces variations comme la source de tous les maux monétaires et l'Etat comme la solution miracle à ce qui n'est pas un problème.

Tweet
La quantité optimale

La quantité totale de monnaie disponible est donc déterminante pour déterminer les prix de tous les biens qui s'expriment dans cette monnaie.

Celui qui contrôle cette quantité a donc un pouvoir considérable sur la société. Il a un levier important sur les prix de tous les biens exprimés en monnaie : les salaires, les voitures, la baguette, les médicaments..

Un tel levier a évidemment attiré beaucoup de convoitises.

D'abord des vrais malhonnêtes : les souverains belliqueux, les faux-monayeurs, les Etats en faillite et certains banquiers qui y ont vu un moyen sympa de gagner de l'argent sans effort et discrètement.

Mais il y a aussi tous les docteurs étatistes, experts en planification et en contrôle de l'économie qui ont vu dans la monnaie l'instrument idéal pour toutes leurs expérimentations.

Pour ces docteurs Folamour, si la quantité de monnaie est limitée par un métal (l'or par exemple), nous courrons à la catastrophe.

Lorsque la population augmente ou si la population souhaite disposer de davantage de monnaie dans ses richesses, il risque d'y avoir une raréfaction de la monnaie (trop de gens gardent la monnaie, il n'en reste plus pour échanger) et/ou une baisse des prix généralisée désorganisant la production.

Et la solution pour les inflationnistes, c'est d'augmenter en permanence la monnaie grâce aux banques ou à l'Etat. L'inflation.

Pour les partisans de la monnaie saine (qui sont de plus, rappellons-le, les gentils), ces problèmes sont de faux problèmes -ce qui compte ce n'est pas la quantité de monnaie, mais son pouvoir d'achat et sa stabilité-, et les solutions proposées par les inflationnistes sont des expérimentations hasardeuses qui entrainent des vraies catastrophes (genre crise économique mondiale, bulle financière).

"La solennité prétentieuse qu'affectent les statisticiens et les bureaux de statistique en calculant des indices de pouvoir d'achat et de coût de la vie est déplacée. Ces indices chiffrés sont au mieux des figurations grossières et inexactes de changements intervenus.

Dans les périodes où la relation entre l'offre et la demande de monnaie ne se modifie que lentement, ces indices ne fournissent pas d'information du tout. Dans les périodes d'inflation et par conséquent de changements marqués des prix, ils fournissent une image fruste d'événements que chaque individu ressent dans sa vie quotidienne. Une ménagère avisée sait bien plus de choses sur les variations de prix qui affectent son foyer que les moyennes statistiques n'en peuvent dire.

Elle n'a que faire de calculs qui ne tiennent pas compte de la qualité, ni de la quantité, des biens qu'il lui est possible, ou permis, d'acheter aux prix retenus pour calculer l'indice. Si elle « mesure » les changements pour son appréciation personnelle, en prenant pour référence les prix de deux ou trois denrées seulement, elle n'est ni moins « scientifique » ni plus arbitraire que les mathématiciens raffinés lorsqu'ils choisissent leur méthode de manipulation des données du marché."

Ludwing Von Mises - Action Humaine

un steak-frite au restaurant

Sur l'île de Steak-Frite, les naufragés ont de la chance : un avare fait partie des survivants.

L'avare n'est pas un voleur, c'est un avare.

C'est-à-dire qu'il va travailler dans un champ de frites, de steaks ou de vin tout en restreignant sa consommation de frites, de steak ou de vin.

Les trombonnes qu'il va recevoir en échange de son travail vont être gardés précieusement dans une petite cachette (qui se trouve à 52 pas en s'éloignant du gros rocher désigné tous les jours à midi pile par l'ombre du Pic du singe moqueur.)

En diminuant la masse trombonotaire de l'île Steak-Frite, l'avare va donc augmenter le pouvoir d'achat de tous les autres trombonnes dans les poches de ses compagnons d'infortune.

Très concrètement, il aura produit pour les autres des frites ou des vaches, mais n'en aura pas consommé lui-même, c'est tout bénéfice pour les autres.

Il n'a volé personne. Il n'a forcé personne, il a simplement échangé librement son travail contre des trombonnes qui lui ont été librement donnés.
Il a ensuite choisi librement de conserver ses trombonnes au lieu de les échanger à nouveau.

Et si la pensée d'avoir beaucoup de trombonnes a plus de valeur ou lui donne plus de plaisir qu'un bon steak frite, c'est non seulement moral, mais c'est en plus rationnel. (et un peu triste.)

Les avares rationnels travaillent et se privent de steak et de frites pour que les bons vivants en aient davantage. Et en plus ils sont contents : ils ont plein de trombonnes

Les bons vivants travaillent puis dépensent leurs trombonnes en steaks et en frites pour que les avares en aient davantage Et en plus ils sont contents, ils ont pleins de steaks et de frites.

Ce n'est pas beau le marché libre avec une monnaie saine ?

Tweet
Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral