Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Etage 1 : Le postmodernisme

La modernité et le libéralisme sont les deux frères jumeaux du siècle des Lumières. La raison triomphe de la superstition, l'individu du collectivisme féodal. Les modernes divergent sur beaucoup de choses mais tous sont d'accord pour considérer que la raison est l'outil efficace pour comprendre le monde.

D'ailleurs, le premier adversaire du libéralisme, le communisme, veut encore battre ce dernier sur son terrain : celui de la raison.
Le communisme se veut d'abord scientifique. Mieux capable d'organiser la production et la société que la main invisible du libéralisme.
Un siècle plus tard, sur le terrain de la théorie comme de l'expérience, le communisme est battu à plate couture. Les économistes libéraux expliquent pourquoi une économie centralisée sera forcement moins efficace qu'une économie libérale dans laquelle les prix transmettent l'information, tandis que les Russes font la queue pour un rouleau de papier toilette et trois bananes.

Devant ce KO debout, les adversaires du libéralisme ne veulent plus jouer sur le terrain de la raison et de l'expérience : "le libéralisme, il gagne tout le temps, c'est pénible à la fin."

Un mouvement de fond venu de l'extrême gauche s'attaque à l'héritage des Lumières. L'objectivisme basé sur la raison et l'expérience est remplacé par le subjectivisme culturel. La raison est un mythe, l'harmonie un masque cynique de la domination, la vérité une chimère.

Le postmodernisme et le politiquement correct, sa branche activiste, sont une attaque en règle contre les fondements du libéralisme et de la modernité. Une attaque d'une violence et d'une arrogance assez paradoxale compte tenu du relativisme tout azimut proposé par ses petits soldats.

"La vie de l’homme, en accord avec sa nature, n’est pas la vie de la brute décérébrée, du voyou saccageur, ou du mystique chapardeur. C’est la vie d’un être pensant, qui s’entretient non par la force et la fraude, mais par l’usage de ce qu’il y a de plus haut et de plus efficace à cette fin : la raison."

Ayn Rand - Atlas Shrugged

Le département du postmodernisme : La raison n'est qu'une illusion. Vous n'êtes que le jouet passif de votre culture, votre sexe et votre classe sociale, heureusement, je pense pour vous ! soumettez vous !

Au XXème siècle, c’est un feu d’artifice contre la raison.
Heidegger le nazi pas nazi mais un peu quand même ouvre le bal. Les mots, les concepts et la raison sont incapables de penser l’être, le non-être, le tout, le rien, le vide à côté de l’être. Bref, sur les sujets sérieux la raison aboutit à des contradictions insolubles, la raison doit donc être écartée. La raison, c’est une façon superficielle de penser. Tant mieux, nous avons en nous des trucs beaucoup plus efficaces : l’ennui, le cafard, l’angoisse. En se laissant flotter entre deux (trois, quatre..) eaux troubles, les choses contradictoires ne le seront plus. Le Tout est le Rien, Le Rien est le Tout. Pic et pic et colegram, bourre et bourre et ratatam tout se mélange dans le brouillard. En 30 ans d’études, Heidegger atteint une vérité que certains poivrots mettent parfois trois, quatre litrons à atteindre.

Cette façon de penser subjugue Derrida, Foucault, Lyotard, Rorty, même si le côté métaphysique fait un peu niais dans les années 50, 60 chez les universitaires bien pensants. On continue donc de « déconstruire » le langage, la science, puis même la logique formelle –à grand renfort de langage, de raison et de logique d’ailleurs-. Et une conclusion scientifique et objective s’impose : tout est subjectif sauf cette conclusion pour des raisons... euh non pas pour des raisons... Reprenons, tout est subjectif sauf cette conclusion parce que parce que.

Il n’y a pas la Vérité, il y a des vérités dépendant des sentiments, sentiments qui viennent du groupe économique, social, sexuel, racial...
La raison accédant à une quelconque vérité est morte et enterrée. Il n'y a que des groupes culturels autistes entre eux aux intérêts opposés.

L’idée d’un droit naturel, l'idée d'une justice universelle commune à tous les hommes est aussi prétentieuse que pitoyable. D’ailleurs la philosophie occidentale de Platon à Locke en passant par Aristote et Descartes est une immense bouffonnerie... ou pire un truc de mâle blanc occidental hétérosexuel bourgeois chrétien dominant rationnaliste et mort.

Car dans cet univers ultra-relativiste, une deuxième chose reste objective : les trucs de mâle blanc occidental hétérosexuel bourgeois chrétien, dominant, rationnaliste et mort, c’est mal.

"La raison est le langage ultime de la folie."

Michel Foucault

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