Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Le principal et l'agent

L'information imparfaite, c'est comme la pluie en automne ou le soleil en août. On ne peut donc pas y échapper.

Initiée par R. Coase en 1937, la théorie du principal/agent s'est intéressée aux stratégies que les personnes libres inventent (ou pourraient inventer) pour échanger en limitant les risques.

Coase a donc imaginé deux créatures qu'il aurait pu appeller Bobo et Baba, mais qu'il a finalement appellées Principal et Agent parceque dans le monde universitaire on ne rigole pas avec le nom des théories si l'on vu être lu et respecté.

Bref Principal c'est celui qui doit acheter sans avoir toutes les informations nécessaires et Agent, c'est celui qui veut vendre en ayant la possibilitée de cacher des informations (un vendeur de voitures d'occasion), voir de changer de comportement une fois le contrat signé: (un salarié par exemple)

Pour que ce modèle soit un modèle, Coase a retiré de sa théorie tout ce qui était trop compliqué et qui fait le charme de nous autres les êtres humains : les sentiments, l'honneur, les pulsions qui vont rougir, l'envie d'être aimé même par des inconnus, l'éducation de papa et maman, la croyance qu'un barbu nous regarde méchament depuis un nuage, la peur d'un cachot etc..

Puis il a joué avec ses deux playmobils en imaginant comment ils pouvaient tout de même échanger.

Cela a donné une bonne nouvelle : Bobo et Baba peuvent tout de même échanger en s'appuyant sur leur réputation ou inventant des incitations pour que leurs intérêts coincident, même après le contrat signé (des primes pour un salarié ou une garantie pour un produit)

Et une mauvaise : Toutes ces stratégies ont un cout : le cout de transaction (temps passé à rédiger le contrat prévoyant les résolutions de conflits ou à se renseigner sur la réputation) Cout qui est pafois tellement élévé que l'échange n'a pas lieu.

Ces éclairages intéressants, mais ils se heurtent aussi aux limites de la modélisation des acteurs : une personne libre et sa culture sont infiniment plus complexes que l'agent et son milieu blanc uniforme.

"L'économie étudie les actions réelles d'hommes réels. Ses théorèmes ne se réfèrent ni à l'homme idéal ni à des hommes parfaits, et pas davantage au mythique homme économique (homo oeconomicus) ni à la notion statistique de l'homme moyen."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Jeu d'échec

La théorie des jeux appartient à l'univers des théories principal/agent.

Le plus célèbre exemple de la théorie des jeux est le dilemme du prisonnier.

Deux complices sont arrêtés pour une affaire de cambriolage. Ils sont interrogés séparément par la police sans avoir pu communiquer.

Si l'un d'entre eux dénonce l'autre sans que ce dernier fasse de même, celui qui a dénoncé écope de la peine minimale (2 ans), tandis que celui n'a pas dénoncé écope de la peine maximale (8 ans).
Si les deux se taisent, ils sont libres. Si les deux se dénoncent, ils écopent tous les deux de la peine de 4 ans.

Les criminels ont intérêt à dénoncer l'autre (avec à la clef une condamnation importante) plutôt que de prendre le risque de se faire dénoncer seul.

Les étatistes jubilent : à cause d'une information incorrecte (entre les criminels donc), la situation optimale (du point de vue des criminels) n'est pas atteinte.
C'est la preuve qu'il faut réguler l'économie.

Oui, sauf que les créatures unidimensionnelles utilisées par les micro-économistes ne modélisent pas des 'petits' détails : la confiance, la réputation, le fait que les prisonniers vont se revoir, un code d'honneur, l'amitié, la culture, le passé. Bref tout ce qui fait la différence entre une personne libre et un agent.

Sauf que ces prisonniers n'ont pas, par définition, la possibilité de passer des contrats garantis par un Etat de Droit, une des briques fondamentales du libéralisme.

Sauf que même en restant dans le cadre étriqué de ce modèle, ils n'ont en rien démontré qu'une solution plus optimale pourrait sortir d'un Etat et du dirigisme.
Surtout d'un Etat conçu, et dirigé par ces agents suspendus dans le vide.

Les théories du principal/Agent, la théorie des jeux, sont intéressantes sur beaucoup d'aspects, mais les mafias peuvent dormir tranquilles, elles peuvent prospérer même sans un Etat pour réguler leur activités.

Les personnes libres et honnêtes aussi.

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La réputation

Face à l'information imparfaite, les personnes libres trouvent et utilisent des stratégies soit pour diminuer l'imperfection de l'information, soit pour en limiter les conséquences potentielles.

Les stratégies inventoriées par la théorie du principal/agent pour que l'acheteur ne soit pas le dindon de la farce à chaque échange sont parfois classées en deux catégories:
La réputation du vendeur (les expériences passées, le bouche à oreille, les labels, les comparatifs, la publicité) Les incitations faisant coïncider les intérêts de l'acheteur et du vendeur (les intéressements au résultat de l'entreprise, les garanties sur les produits vendus etc..)

Cette liste n'est pas limitative. Elle oublie notamment les valeurs morales et culturelles que beaucoup de personnes libres respectent et qui les poussent à ne pas abuser de la confiance des autres.

Cette liste n'est pas figée. Elle évolue aussi en permanence avec l'imagination de millions de personnes libres et l'apparition de nouvelles technologies.

Ces méthodes sont bien sûr imparfaites, mais il n'existe pas dans ce monde de Dieu omniscient et bon, même répondant au doux nom de 'Etat', disposant de cette information parfaite et pouvant la distribuer aux humbles mortels (pardon aux humbles citoyens.).

"Une idée fausse largement répandue est qu'une publicité habile peut persuader les acheteurs d'acheter tout ce que l'annonceur désire qu'ils achètent. Le consommateur, selon cette légende, est tout bonnement désarmé devant la publicité « à haute pression ».
Si cela était vrai, le succès ou l'échec en affaires dépendrait seulement de la façon dont est faite la publicité. Pourtant personne ne croit qu'à force de publicité, de quelque nature qu'elle soit, les fabricants de chandelles eussent pu conserver le terrain contre l'ampoule électrique, les cochers contre les autos, la plume d'oie contre la plume d'acier et plus tard contre le porte-plume réservoir.
Or quiconque admet cela, admet implicitement que la qualité de l'article recommandé par la publicité joue un rôle décisif dans le succès d'une campagne de publicité. Donc il n'y a pas de raison de soutenir que la publicité soit une façon de duper un public crédule."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

une jeune fille en bikini qui promet d'enlever le haut

La réputation est donc l'une des méthodes utilisées par les personnes libres pour limiter le risque du à l'asymétrie d'information.

Cette tendance n'a naturellement pas échappé à des entreprises très très malignes considérant que pour entendre du bien de soi, il valait mieux compter sur soi-même que sur les autres.

La pub est née, et elle casse parfois les oreilles, les yeux et les neurones à beaucoup de personnes.

Et malheureusement, sauf à imposer une dictature par les personnes de bon goût, la liberté d'expression donne le droit de dire des bêtises (le droit mais pas le devoir), y compris des bêtises intéressées.
Les slogans vulgaires ou phagociçant des valeurs nobles, les affiches criardes ou les pubs tonitruantes peuvent donc être déplaisantes pour tout gentilhomme esthète du XXI éme siècle.

Cela étant la liberté donne aux personnes libres le droit (mais pas le devoir) de ne pas tenir compte des bêtises affichées sur les murs ou chantées à la radio.

C'est d'ailleurs largement ce qu'elles font, le lancement d'un produit ou d'un film étant très loin d'être une science exacte.
Et puis le gentilhomme libéral peut se consoler en trouvant quelques effets positifs à la pub :

- Elle permet parfois d'identifier les entreprises assez sûres de leur produit pour le dire tout fort.
- Elle permet parfois de découvrir un produit auquel on n'avait pas pensé soi-même.
- Elle permet de voir des jolies filles en bikini les petits matins gris d'hiver alors que la Copacabana est à 15 000 km de la station de métro.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral