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Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Etape 3 : Le viol du droit à la propriété

L'affaiblissement du droit à la propriété est une tendance lourde dans nos sociétés dominées par l'Etat Nounou.

Pour un oui ou pour un non, les étatistes violent le droit à la propriété, pour décider de l'usage du fruit de notre travail à notre place. Les niveaux de prélèvements obligatoires et de dettes ont atteint un niveau inimaginable en temps de paix.
Et là encore, les premières victimes de cette confiscation sont les plus pauvres.

Les plus pauvres qui subventionnent les grandes banques, l'industrie agroalimentaire, l'industrie militaire, l'industrie pharmaceutique, la lourde bureaucratie locale et nationale et une liste interminable de lobbies divers vivant sous le parapluie de l'Etat.

Le tout sous couvert de justice sociale. C'est un marché de dupes. Les pauvres n'ont pas besoin que l'on viole la propriété des autres à leur profit pour avoir une vie bonne. Ils ont au contraire plus besoin que les autres que le droit à la propriété soit scrupuleusement défendu par l'Etat.

Si les plus pauvres pouvaient disposer d'une plus large partie du fruit de leur travail, il est très probable qu'ils seraient beaucoup plus exigeants dans la façon dont l'argent est dépensé. Pour une éducation qui ne laisse pas en chemin leurs enfants, pour une santé sans surcoût etc...

Le viol du droit de la propriété ne profite jamais aux pauvres mais aux étatistes et à ceux qui vivent sous perfusion de l'Etat Nounou.

Les pauvres plus que les autres n'ont pas besoin d'un Etat Nounou, ils ont besoin d'un Etat libéral qui défend leurs droits naturels, en particulier leur droit à la propriété.

"Or celui qui confisque la propriété d’autrui agit en contradiction fondamentale avec les lois de sa propre nature en tant qu’homme. En effet, nous avons vu que l’homme ne peut vivre et prospérer que par sa production propre et l’échange des produits. L’agresseur, pour sa part, n’est pas un producteur mais un prédateur, il vit en parasite sur le travail et la production des autres. Au lieu de vivre en harmonie avec la nature de l’homme, l’agresseur est donc un parasite qui se nourrit sans contrepartie de l’exploitation du travail et de l’énergie d’autres hommes."

Murray Rothbard - L'Ethique de la liberté

"Tout cela montre évidemment que bien que la nature ait donné toutes choses en commun, l'homme néanmoins, étant le maître et le propriétaire de sa propre personne, de toutes ses actions, de tout son travail, a toujours en soi le grand fonde¬ment de la propriété; et que tout ce en quoi il emploie ses soins et son industrie pour le soutien de son être et pour son plaisir, surtout depuis que tant de belles découvertes ont été faites, et que tant d'arts ont été mis en usage et perfectionnés pour la commodité de la vie, lui appartient entièrement en propre, et n'appartient point aux autres en commun."

John Locke - Traité de gouvernement civil

Pour ton épicerie, si tu ne me donne pas une enveloppe, j'envoie mes hommes. C'est un viol de mon droit naturel de propriété ! Ah ! ces riches... toujours à pleurnicher avec leur droit de propriété...

La clé centrale de la philosophie rothbardienne est donc l'axiome de non agression. C'est-à-dire que nul ne doit initier une agression contre une personne ou sa propriété.

Pour les Rothbardiens tout le droit naturel doit remonter à cet axiome. Ce qui est conforme à cet impératif est légitime, ce qui n'est pas conforme est illégitime.

Respecter cet axiome serait une condition nécessaire et suffisante pour protéger la liberté de chacun.

Dans ce cadre, si un couple en randonnée demande à un paysan local si le pont est solide et que le paysan leur répond "oui vous pouvez y aller" en sachant pertinemment qu'il va s'effondrer sur leur passage, le paysan est irréprochable : il n'a pas initié d'agression physique contre les randonneurs.

Il a juste exercé sa liberté d'expression.
Ce résultat surprenant est assumé par les Rothbardiens. Comme la légalité du chantage, de la diffamation, de l'appel au meurtre etc... La loi ne doit s'occuper que des agressions physiques.
Dans ce contexte, un chef mafioso qui envoie des tueurs chez un commerçant est lui aussi irréprochable : il n'a commis lui-même aucune agression physique.
Pour les rothbardiens, criminaliser les agressions mentales est la porte ouverte à toutes les dérives (criminaliser la frustration due à un concurrent économique plus fort, les mensonges bénins, la souffrance psychologique due à un refus d'un échange qu'il soit sentimental ou commercial etc..). Seules les agressions physiques doivent être illégales.

Cette définition est en rupture avec la tradition du droit naturel pour qui l'agression peut être beaucoup plus large : traiter quelqu'un comme un moyen sans son consentement, blesser quelqu'un par l'usage de la parole...

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Etape 3 : Le droit et les titres de propriété

Comme les lecteurs ont bien compris, il y a donc (parfois) une différence entre le droit naturel et la loi.

Cela se traduit par l’accaparation de biens, légale au regard de la loi, mais illégitime au regard du droit naturel.

Posséder, même légalement, quelque chose ne veut pas dire que l’on en est le propriétaire légitime au regard du droit naturel.
Si le bien a été acquis par la corruption, par des privilèges étatiques, par un échange forcé, par le vol, par le pillage pur et simple d’un despote, ce bien n’est pas légitime au regard du droit naturel, même si le pillard a un petit bout de papier d’un Etat qui dit que c’est à lui.

Il se murmure par exemple que des milliardaires russes, des dictateurs africains, des propriétaires terriens d’Amérique du Sud n’ont pas bâti leur fortune immense sur leur seul talent, leur travail ou des échanges libres avec leur concitoyens. Et que des exemples similaires se trouvent aussi chez nous chez des messieurs bien sous tout rapport en costumes trois pièces.

"Il est si vrai que la Propriété est antérieure à la loi, qu'elle est reconnue même parmi les sauvages qui n'ont pas de lois, ou du moins de lois écrites. Quand un sauvage a consacré son travail à se construire une hutte, personne ne lui en dispute la possession ou la Propriété. Sans doute un autre sauvage plus vigoureux peut l'en chasser, mais ce n'est pas sans indigner et alarmer la tribu tout entière. C'est même cet abus de la force qui donne naissance à l'association à la convention, à la loi, qui met la force publique au service de la Propriété. Donc la Loi naît de la Propriété, bien loin que la Propriété naisse de la Loi.

On peut dire que le principe de la propriété est reconnu jusque parmi les animaux. L'hirondelle soigne paisiblement sa jeune famille dans le nid qu'elle a construit par ses efforts.

La plante même vit et se développe par assimilation, par appropriation. Elle s'approprie les substances, les gaz, les sels qui sont à sa portée. Il suffirait d'interrompre ce phénomène pour la faire dessécher et périr.

De même l'homme vit et se développe par appropriation. L'appropriation est un phénomène naturel, providentiel, essentiel à la vie, et la propriété n'est que l'appropriation devenue un droit par le travail. Quand le travail a rendu assimilables, appropriables des substances qui ne l'étaient pas, je ne vois vraiment pas comment on pourrait prétendre que, de droit, le phénomène de l'appropriation doit s'accomplir au profit d'un autre individu que celui qui a exécuté le travail."

Frédéric Bastiat - La propriété et la loi

Chez les étatistes féodaux, on change de business model. Je vais diviser la population en petits tas. Les pauvres, les moyens, les blancs, les noirs, les agriculteurs, les taxis, les notaires, les profs, les etc... Ensuite je donnerai des avantages, taxes, niches fiscales, subventions, monopoles à certains petits tas au détriment de tous. Et tous devront se tourner vers moi pour vivre au lieu d'échanger entre eux. ça s'appellera la justice sociale, et c'est tellement mieux que la justice, enfin pour mon pouvoir en tout cas

S'il y a un domaine dans nos sociétés occidentales où le droit légal à la propriété et le droit légitime à la propriété ne coïncident pas, c'est bien celui de la monnaie.

La monnaie d'Etat, obligatoire et monopolistique, est créée au détriment de tous par les banques privés et les banques centrales.

Cela se traduit par un transfert massif de ressources des individus hors de la sphère bancaire ou étatique vers les individus dans la sphère bancaire ou étatique.

C'est un échange obligatoire -nous sommes obligés d'utiliser la monnaie de l'Etat-, un échange sans contrepartie.

Comme dans bien d'autres domaines, ce n'est pas le respect du droit à la propriété qui est la cause d'injustice, mais c'est son viol.

Comme dans bien d'autres domaines, les étatistes, grands architectes du système de spoliation industriel versent des larmes de crocodiles sur les conséquences de ce système dont ils sont les défenseurs inconditionnels.

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