Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Etage 2 Vivre

Un premier fait incontestable : nous sommes vivants.

(Si des zombies lisent ce document, je suis flatté d'avoir une telle variété de lecteurs, mais je suis obligé de leur annoncer que leur appartenance au genre humain est désormais plus que discutable -en particulier à cause de leur appétit pour les cerveaux humains vivants- et donc que la nature zombaine est différente sur de nombreux points de la nature humaine.)

Le fait que nous soyons vivants est difficilement contestable. D'autant plus que pour contester quelque chose, être vivant, ça aide.

D'une manière générale, on ne peut rien faire sans vivre. Agir, penser nécessite d'être vivant. Y compris d'ailleurs pour se suicider, pour tuer ou pour désirer la mort. Vivre est le préalable incontournable d'une existence humaine.

Les partisans du droit naturel constatent grâce à un effort (très important) de la raison que la nature de l'Homme est d'être vivant.

"Certes la question parait frappée de bon sens : quel sens cela a-t-il de célébrer la liberté humaine, de voir dans la liberté le propre de l'homme, comme nous aimons à le faire depuis deux siècles, si la science centrale du monde humain présuppose, et entend prouver, que la conduite humaine est régie par des lois nécessaires, ou du moins ne peut être comprise que comme effet de causes sociales ?"

Pierre Manent - La cité de l'Homme

Un vampire : Heureusement que le droit naturel ne concerne que les relations entre humains. Sinon ma vie de vampire soucieux de justice serait singulièrement compliquée

Comme beaucoup de grands philosophes, Hobbes a une certitude : il est l’homme providentiel de la philosophie capable de faire mieux que tous les autres avant lui. Le Bob Morane de la Vérité.
Le philosophe contre toute erreur partage avec les philosophes classiques une idée forte: une idée sur la nature de l’homme pré existante à toute convention, à toute tradition.

Mais selon Hobbes, les anciens ont échoué. La preuve : les septiques les suivent comme les mouettes suivent un chalutier. Ca fait 2000 ans que ça dure, et une idée de justice universelle n’est toujours pas unaniment acceptée. Les classiques se sont trompés en fondant la nature sur une finalité, sur ce que l’Homme doit devenir –un Homme sage et vertueux-.

Il ne faut pas partir de la finalité de l’Homme, mais du début. Et son début, c’est sa survie. La conservation de soi. Avant de se mettre à poser des devoirs à l’Homme, grandir en tempérance ou en courage, il faut lui reconnaître un droit fondamental : le droit de vivre.

Le problème c’est que si ce qui est juste, c’est le droit de vivre, c'est-à-dire le droit de prendre toutes les dispositions pour assurer sa survie, ça va vite dégénérer... en guerre de tous contre tous. D'autant que l'Homme, pire que les bêtes, dispose de la raison, il est capable de calculer une agression avec plusieurs coups d'avance, donc de faire rationnellement des attaques préventives. Mad Max et ses copains respectent sans doute la loi naturelle en survivant, mais au milieu d’un chaos sans limite. Pour survivre, il faut non seulement se défendre, mais attaquer préventivement, surtout si l’on n’est pas sûr d’avoir le dessus.

Pour éviter un immense champ de bataille qui finalement ne permet la survie de personne, Hobbes a une solution rationnelle, donc partagée par tous les hommes doués de raison : confier sa sécurité à une entité dominant tout le monde, le Léviathan, l’Etat.

Avec son idée marketing de génie, mettre l'accent sur des Droits et non sur des devoirs, Hobbes remporte le gros lot, les humains préfèrent toujours des droits à des obligations.
Mais dans le berceau, il y a aussi le Léviathan, la souveraineté sans limite de l’Etat… Le bébé a du souci à se faire.

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