Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Etape 2 : Vivre en société

Quatrième constatation, nous aimons bien passer du temps avec nos semblables. Rares sont les personnes qui ne veulent (ne peuvent) voir personne, jamais. De fait, il y a certes parfois quelques ermites, des enfants loups ou un robinson malgré lui, mais rares sont les êtres humains qui vivent seuls tout au long de leur existence.

L’Homme aime bien vivre avec ses semblables, même pour ronchonner ensuite.

Que ce soit dans un état de nature ou dans une cité, l’Homme est un individu certes, mais un individu qui vit en société. C’est mieux pour aimer, pour se protéger, pour échanger, pour travailler, pour jouer. C’est mieux.

Cette vie en société n'est pourtant pas celle d'une termitière constituée d'ouvrières interchangeables ni d'extraterrestres fusionnant dans un plasma télépathique. L'Homme est et reste un individu même au contact de ses semblables.

La nature de l'Homme est donc d'être et de rester un individu, un individu vivant en société.. Kaie.. Kaie..kaie... La nature des plasmas de termites extraterrestres télépathiques est sans doute moins problématique.

"L'homme est un être qui aime son prochain et qui vit en société."

Aristote - Ethique à Nicomaque

"Il existe une loi vraie, c’est la droite raison, conforme à la nature, répandue dans tous les êtres, toujours d’accord avec elle-même, non sujette à périr, qui nous rappelle impérieusement à remplir notre fonction, nous interdit la fraude et nous en détourne.
L’honnête homme n’est jamais sourd à ses commandements et à ses défenses ; ils sont sans action sur le pervers. A cette loi nul amendement n’est permis, il n’est licite de l’abroger ni en totalité, ni en partie.
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Cette loi n’est pas autre à Athènes, autre à Rome, autre aujourd’hui, autre demain, c’est une seule et même loi éternelle et immuable, qui régit toutes les nations et en tout temps."

Ciceron De Republica III – XXII

un couple, Hbbes a tort : l'état de nature, c'est les relation sexuelles de tous avec tous. vous et moi, oublions le contractualisme, et revenons à une société sans état. On me l'avait jamais faite celle-la

Avec Locke, Pufendorff , Hobbes, la réflexion se base sur un état de nature fictif antérieur à l’apparition de l’Etat.
Les droits naturels pré existent à l'Etat. Et l’efficacité d’un gouvernement ne peut être jugée qu’à sa capacité de protéger les droits naturels.
Pour Hobbes, l'état de nature est la guerre de tous contre tous. Et le contrat entre individus pour justifier l'existence de l'Etat est donc d'assurer la sécurité.
Pour Locke, papa du libéralisme, l'état de nature permettait déjà aux individus de vivre harmonieusement mais à la condition de surveiller et de défendre leurs droits à la liberté et à la propriété. La société préexiste à l'Etat. La société existe avec ou sans l'Etat. L'existence de l'Etat est donc issue d'un contrat entre les individus, contrat permettant d'assurer la protection de la liberté et de la propriété mieux que les individus ne pourraient le faire seuls.
Pour Rousseau, adversaire du libéralisme, l'état de nature était une forme bienheureuse d'isolation totale entre individus et d'absence d'envie puisque cette isolation empêchait la comparaison. Le rôle de l'Etat est donc, maintenant que les hommes vivent en société de retrouver l'unicité perdue pour les individus isolés dans une société et d'éviter l'envie à travers l'égalité de fait.
Ces états de nature et le contrat concernant l'existence de l'Etat sont absents de la réflexion classique, grecque et romaine, sur la loi naturelle.
Pour les philosophes classiques, la cité et la vie en société font partie intégrante de la loi naturelle. Il n'y a pas de contrat, juste la réalisation de la nature humaine.

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Etape 2 : Vertu ou pas vertu ?

Tendre vers la vertu fait-il partie de la nature humaine ? Bon, on sait déjà soit par l'expérience (la nature de l'homme est de vivre en société), soit par la logique (pour argumenter, il faut être un individu avec des normes communes) que la nature de l'homme est d'être un individu vivant en société.

Mais est-ce dans la nature de l'Homme de tendre vers la vertu ? Oui, chez les philosophes classiques. La nature de l'homme se définit (surtout) par sa finalité. Sa fin est de tendre vers la vertu.

Non mais oui, chez les philosophes modernes libéraux (Locke). Non, la nature de l'homme n'est pas inscrite dans sa fin -qui peut être celle d'un sage ou d'un imbécile médiocre- mais dans ses caractéristiques propres et indiscutables.

La vertu est une chose respectable vers laquelle un gentilhomme doit naturellement tendre, mais elle peut varier selon les croyances.
Cette neutralité sur la vertu est l'un des points de clivage entre les conservateurs -de droite comme de gauche- et les libéraux.

Les conservateurs -qu'ils soient de droite ou de gauche- souhaitent que l'Etat fasse tendre les citoyens vers la sagesse.

Oubliant au passage qu'une immense partie de la population n'a pas besoin de l'Etat pour rechercher la sagesse sous une forme ou sous un autre.

Oubliant que la vertu imposée par l'Etat n'a qu'un lointain rapport avec la vertu et l'élévation vers l'esprit noble, mais est le plus souvent un culte au collectivisme ou à la gloire de l'Etat.

Oubliant surtout qu'utiliser l'Etat pour faire tendre les citoyens vers une vertu officielle, c'est provoquer la discorde avec tous ceux qui se reconnaissent dans une autre vertu. Le droit naturel moderne s'est développé à la fin des guerres de religions, ce n'est pas par hasard.

" La raison pratique pour laquelle le pouvoir de la majorité, une fois établi, se maintient pendant une longue période, n'est pas que la majorité soit dans le vrai, ou que la minorité juge cela normal, mais par la raison du plus fort.
En réalité, un gouvernement dans lequel la majorité décide dans tous les cas ne peut pas être juste, même avec la meilleure volonté. Peut-il exister un gouvernement dans lequel les majorités décident du bon ou du mauvais en conscience ? Un gouvernement dans lequel les majorités s'occupent d'autre chose que de ce qui leur paraît opportun ?
Le citoyen doit-il, même un instant, ou à un faible degré, abandonner sa conscience au législateur ? Si c'est le cas, pourquoi chaque humain aurait-il une conscience propre ? Je pense que nous devons d'abord être des hommes, et ensuite des administrés."

Henry Thoreau

une partie de carte: Le brelan de philosophes classiques a tort. on ne peut pas rencherir le droit naturel avec la vertu du sage sans justement creer la discorde et le chaos, contraire a la loi naturelle. Charlie a tout bon. la seule vertu necessaire a une société harmonieuse est le respect du droit naturel, vertu assez triste d'ailleurs sans d'autres qualités

A partir du moment où chacun respecte les Droits Naturels des autres, son usage de la liberté doit être légal. Le respect des Droits Naturels des autres est une limitation "minimum" de l'usage que chacun peut faire de sa liberté.

Cela ne veut pas dire pour autant que cet usage est respectable ou intelligent, ou rationnel, ou courageux, ou élégant.

Un individu qui se contenterait de respecter les Droit Naturels des autres serait sans doute quelqu'un de très médiocre.

Le respect des Droits Naturels des autres est un point de départ pour agir ou penser. Certainement pas un point d'arrivée.

Certains comportements, même respectant le Droit Naturel des autres (et la loi posée par les Etats), peuvent être jugés incorrects ou médiocres.

Le gentilhomme a donc trois attitudes possibles :

L'approbation. "Incroyable, ce rasta roule ses joints en marchant mieux que moi assis à une table ! Quel as !"
L'indifférence silencieuse. "Moi j'aime le café et le Bourgogne… A chacun ses petits plaisirs."
La désapprobation "Ce rasta fume de la drogue qui fait rire bêtement. C'est mal : ce n'est pas conforme à une vie tendant vers la vertu. Je vais le dire publiquement."

Ces trois attitudes sont légitimes -y compris la désapprobation publique-. Le droit de faire l'usage de sa liberté n'est en aucun cas le devoir pour les autres de se taire sur l'usage que font les autres de leur liberté.

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